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30/11/2015

Quelques Lauréats du Salon d'Automne 2015

Le SALON D'AUTOMNE, fondé en 1903 en réaction à l'académisme officiel, vient de se tenir sur les Champs Elysées. Il a exposé plusieurs centaines d'artistes nationaux et internationaux dans ce que Noêl CORET, son Président International définit comme la ''Fraternité des l'Arts''.
Cette année,  sa nouvelle Présidente, Sylvie KOECHLIN a tenu à rendre hommage à CABU , invité d'Honneur en 2013, et à WOLINSKI, invité en 2014, disparus dans les conditions tragiques que l'on connait.
MOEBIUS, génial dessinateur de bandes dessinées était honoré à l'entrée du Salon, de même que le sculpteur Ousmane SOW, membre de l'Académie des Beaux Arts .
Françoise FABIAN, comédienne au talent reconnu était la Marraine de ce Salon.
La richesse et la qualité des œuvres exposées est liée à la personnalité des artistes et la sélection d'un jury ouvert, à la recherche de nouveautés. Ces qualités font de ce salon, un des plus courus de Paris.
Le Jury des Amis du Salon d'Automne, présidé par Jean DESVILLES, peintre et cinéaste, composé de galeristes, de collectionneurs, d'éditeurs et d'artistes reconnus, ont attribué des prix aux artistes de  différentes disciplines.
Citons-en quelques uns. Les œuvres décrites donneront une idée de la richesse du salon.
 
Michèle TAUPIN s'est vue attribuer le Prix de Peinture, pour son tableau intitulé ''Les Saveurs''.

Ses femmes nous sont proches et lointaines, jeunes, hiératiques et distantes.

Nous les retrouvons en évoquant les ''Femmes d'Alger' de DELACROIX, ''Les Odalisques'' d'INGRES, les musiciens de GIORGIONE, Rebecca de POUSSIN, les déesses de la mythologie grecque, les femmes monumentales de PICASSO.

Tout est forme et couleur, lignes et courbes, structures, beauté et harmonie. 

La femme règne, bienfaisante et intemporelle.

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Anne ROUSSEL a reçu le Prix de Sculpture avec le ''Polyactère'' (plusieurs caractères).

Ce large ruban de couleur or, se déroule dans l'espace, se tord, décrivant des lettres serpentiformes.

On pense à l'anneau de Moëbius, symbole de la psyché. Mais, ici, on a une origine, un trajet et une fin, tout en reflétant par endroit, intensément, la lumière, ménageant des ombres, se laissant contempler. Ses pleins dialoguent avec des vides, ménageant des espaces complexes, à la recherche de sens, d'absolu, conscient de sa finitude, comme la vie … et ses manques, innombrables.

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Manuel JUMEAU, Prix de Gravure pour son œuvre, ''Arbrhomme'', montre un visage d'homme de profil. Un arbre s'y déploie, constitutif et lumineux. Son tronc, ses branches et ses ramifications vascularisent et nourrissent son être.

L'identification de l'homme et du végétal, métonymie du vivant, évoque la complexité multiple de l'évolution et l'unité du projet de la création.

Cette créature de lumière surgit de la matière noire d'un ''réel'', insondable.

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Charlotte MASSIP , pour son œuvre originale, ''David'',a eu le Prix de la Gravure et le Prix Jean ANOUILH.

Le David de MICHELANGE, apparaît, décontracté, tout en hauteur, mais, sa représentation, bien vivante d'apparence, est tronçonnée en trois fragments superposés, partiellement disséqués jusqu'à l'os, laissant percevoir par endroit des portions de vertèbres, de thorax, de bassin, de fémur ou de tibia.

Des engrenages baroques ravalent son visage.Son abdomen, cerclé est fouaillé d'un enchevêtrement inexprimable. De son bassin à l'ossature redessinée en profondeur, surgit un sexe charnel au-dessus de ses ischions. Ses genoux, ses jambes sont travaillés de bandelettes et de chainettes métalliques spiralées. A ses pieds, un bestiaire miniature élève David au rang de géant.

La dissection de l'Homme, est une véritable ''déconstruction'' technologique sous le feu croisé de l'imaginaire anatomique, chirurgical, architectural et biologique. La ''reconstruction'', également chère à DERRIDA appartient au spectateur qui désire retrouver la beauté par delà les épreuves du vainqueur de Goliath.

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08/09/2015

LE PRESSIONNISME du TAG au Graffiti

L'exposition proposée à la Pinacothèque de Paris sur les Tags et les Graffitis a été baptisée par son directeur artistique, Marc RESTELLINI, ''Le Pressionnisme'' en référence à la pression exercée sur les bombes aérosols et pour l'intégrer dans l'histoire de l'art aux côtés de l'Impressionnisme et de l'Expressionnisme.

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Cliquez sur l'image ci-dessus pour accéder au site de l'exposition.

HISTORIQUE : Ce courant a émergé de la culture Hip-Hop qui se proposait, en 1970, de positiver les tensions agressives liées aux pratiques délinquantes qui s'étaient développée au sud du Bronx, à New York. Venant du milieu underground et du Street-Art, il était soutenu par des groupes communautaires à prédominance hispanique. Il s'est propagé à Los Angeles, Chicago, Philadelphie puis s'est répandu en Europe, Paris, Berlin, Amsterdam, pour s'enraciner à Barcelone et au Portugal.

DEFINITIONS :

Le Tag est une signature codée, cursive, identifiant l'auteur ou le groupe. Il a été surnommé ''Blaze'' Son éthymologie : Tuff Artist Groupe.

Le Graffiti, plus complexe, de grande dimension, composé de plusieurs couleurs, plusieurs contours, cerné généralement par un trait noir, sur un fond soutenu, correspond à une signature dilatée, mais il peut représenter un message écrit ou imagé. Il vient du grec ''graphein'', écrire et de l'italien ''graffiare'', griffer, graver.

LA THEMATIQUE de l'exposition montre la dynamique de ce courant artistique depuis l'esquisse au crayon en passant par l'affirmation des graffitis, l'évolution vers des masterpieces, l'apparition de l'Abstraction et la confirmation de Maîtres du Pressionnisme.

Les dessins, colligés dans des ''Back-books'', consultés par des disciples, sont développés sur des cartons, des murs, du métal...Un vaste dessin de Bill BLAST évoque les quais de New York sur lequel se détache le visage iconique de J.F.KENNEDY

Du dessin aux graffitis

CASH nous présente une œuvre où les lettres de son nom occupent en capitales la surface entière de la toile.

BANDO, un franco-américain, véritable tête de pont habitant Saint Germain des Près, investit le célèbre. terrain vague dit de Stalingrad, à Paris. Il nous livre un message : ''CRIMINAL ART'' , en lettre de sang sur un vaste mur. Le graf serait un art criminel...

RAMMELLZEE accroit leur complexité. Ce pluridisciplinaire, considéré comme un des penseurs du mouvement, adepte du rap, fait évoluer ses œuvres vers de véritables enluminures, introduisant des collages comme l'avait fait Picasso, et des objets divers à l'imitation de TAPIES en Espagne.

La complexité est patente chez FAB 5 FREDDY et dans les ''Chronologies'' de BLITZ

STAY-HIG 149 qui revendique la gloire (the fame), et s'autoproclame the King of N.Y., associe à sa signature un personnage ''le Saint fumant un cigare''. D'autres artistes, comme FUTURA ou DONDI feront de même et ajouteront un personnage. Keith HARING introduit son bébé marchant à quatre pattes.

L'ABSTRACTION : Elle finit par triompher, éclipsant l'enchevêtrement de lettres, le développement du fond, l'apparition de tâches, de bulles ou de scintillements d'étoiles.

''Le manifeste'' de BANDO met un point d'orgue à cet éclatement délirant alors que ses ''Nymphéas du Graffiti'' évoquent un modèle jubilatoire plus apaisé.

D'autres graffeurs sont présentés comme des maîtres. Citons :

BLADE qui livre un message d'amour et couronne son nom d'une tiare.,

JAY ONE RAMIER qui expose un ''Adieu'' plein de charme et de nostalgie,

TOXIC Celui-ci retient l'attention par l'aspect mortifère et anxiogène de son crabe rouge et sa tête de loup aux dents acérés dans ''Alla Dalla'',

TKID 170 : Son œuvre , ''Alicia'' apparaît riche de connotations multiples. Une femme rousse, aux seins généreux est cernée par des lettres menaçantes ainsi que par une trompe et une défense d'éléphant très phalliques. Le désir d'accomplissement sexuel ne semble pas pouvoir être mené à son terme. L'interdit sexuel est là. 

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Qui sont ces tagueurs qui envahissent et polluent nos cités, marquent nos murs et nos vitrines, au grand désespoir de certains, nos camions et nos trains avant d'être testés par nos galeries et nos salons ?

Des psycho-sociologues se sont penchés sur leur comportement et leurs motivations avant de pouvoir les accompagner vers un mieux être.

Les espaces urbains et périurbains seraient une métaphore de l'espace psychique.

Les murs seraient une peau symbolique, une surface de projection où ils inscriraient leurs conflits et leurs fantasmes, selon Marion HAZA ;

Des enquêtes ont montré qu'il s'agit la plupart du temps de garçons de 15 à 22 ans, de milieux socioculturels très divers.

Le désir avoué qu'ils expriment c'est laisser une empreinte de soi, une marque d'existence personnelle, mais aussi de leur groupe dans lequel ils se sentent protégés et dans lequel ils fusionnent. Les différentes ''Bandes'' ou ''Crews'' rivales pratiquent des joutes esthétiques qui consacrent les meilleurs.

La jouissance du ''bombage'' est associée à la destruction de l'écriture qu'on leur a enseignée, ainsi qu'à une ''catharsis graphique''.

Parfois, la consommation de drogues douces vient soutenir la ''compulsion de répétition'' et la toute puissance narcissique. Des actes de bravoure et des mises en danger dans des lieux élevés ou particulièrement difficiles accroissent le plaisir de compétition.

Poussés par leur désir d'évasion ils s'échappent de leurs friches qu'ils ont restructurée comme leur psyché, pour taguer des camions, des trains qui sont le support de leur errance et voyagent avec leurs rêves.

Cette période de l'adolescence est liée à des mutations profondes physiques et psychiques où 

le besoin de reconnaissance de soi, les relations oedipiennes et le narcissisme sont renforcés.

Le pseudonyme qu'ils ont choisi, leur ''pseudo'', serait un ''fantasme des origines''.

En se nommant en dehors du nom du père ne tenteraient-ils pas d'échapper à l'angoisse de castration ?

Les provocations, les transgressions* ne seraient-elles pas une quête déguisée d'un dialogue intergénérationnel sous-tendu par la recherche d'une intégration sociale ?

Comme le suppose Gilles BOUDUIT, ne serions-nous pas devant un nouveau ''Rite de Passage'', contemporain ? 

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*Selon l'Article 635-1 du Code Pénal, un graffiti sauvage est passible d'une amende de 1500 euros , majorée si on touche un édifice public.

29/05/2015

Ma TSE-LIN

Les peintures de Ma TSE-LIN, sont exposées à l'Espace Marc-Arthur KOHN, Avenue Matignon à Paris.

Nous avons apprécié les œuvres de cet artiste et nous remercions la Galerie de nous avoir communiqué son catalogue.

Ma TSE-LIN est né à Canton en 1960 d'une famille bourgeoise intellectuelle.
Il a appris à vénérer Bouddha en accompagnant sa grand-mère dans les temples.

Diplômé de l'Ecole des Beaux Arts de Pékin et en 1983, de l'Institut Central des Arts et Métiers de Pékin. Il vient à Paris où il devient diplômé de l'Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Paris.

Son talent, reconnu, il expose à Beaubourg en 1988 et devient citoyen français.

Il côtoie ZAO WOU-KI, un grand maître franco-chinois de l'Art Contemporain (voir ma note sur cet artiste, en cliquant ici).

En 1988, il est invité à la Biennale de Shanghai.

Il visite les temples de Jade et c'est alors la révélation. Il représentera des images du Bouddha, symbole de sérénité, de simplicité, de renoncement et d'apaisement.

Ma TSE-LIN renoue avec la Chine immémoriale, dont le Bouddha est un symbole de Paix et d'Harmonie.

L'enseignement du Bouddha vise la quête de la Connaissance, l'Essence de la Spiritualité, afin d'atteindre l'Absolu par la méditation, en faisant coïncider l'Ame individuelle(le Brahman), avec le Tout Divin, (l'Atman).

  

L'oeuvre de Ma TSE-LIN nous apporte, par le détour de l'Art, un message spirituel et de Paix dont nous avons besoin.

Pour visualiser les oeuvres du catalogue, cliquez ici.