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06/03/2009

Visite au Musée Fabre

Dimanche, 1er Mars 2009, j'ai vécu une expérience intéressante que j'aimerais vous faire partager.
Des amis qui connaissaient mes responsabilités au sein de l' A.I.D.A.L. , m'ont demandé
d'animer une visite au Musée FABRE DE Montpellier.

Le groupe, constitué d'une vingtaine de personnes a grimpé les deux étages qui nous séparaient
de la salle '' COURBET ''. J'ai alors expliqué la règle du jeu : suivre la pensée d' Hannan ARENDT
en pensant par soi-même tout en étant respectueux de la pensée de l'autre.

Chacun s'est exprimé librement, faisant jaillir son ressenti et ses connaissances.
Une méthodologie s'est vite affirmée pour progresser et analyser en profondeur ce que
nous voyions.
Une '' description '' s'est imposée, objectivant les structures, les lignes, les plans, les couleurs...

Devant un tableau appelé '' SOLITUDE '' , dans lequel on observe un sous-bois où coule un
ruisseau paisible, une double structure ternaire a été perçue.
Le rapprochement avec un cadrage cinématographique a été mis en évidence.
Progressivement , une symbolique féminine, dominante, est apparue, dans cette trouée
verdoyante et paisible, ainsi que la sérénité enveloppante d'un havre maternel, d'un paradis perdu.

Commentaires

Je vais poursuivre cette note dans les deux commentaires qui vont suivre pour des questions techniques temporaires:

Cette impression de paradis perdu est complétée dans le tableau
'' LES BAIGNEUSES '' , où une femme, nue, vue de dos,
''sort de l'onde '', dans la Réalité de ses Chairs opulentes et
dans la Vérité de sa Présence.
Mais elle nous cache l'essentiel, c'est à dire, la face que contemple, la tête inclinée, en recherche d'affection, une jeune femme d'apparence modeste, déjà revêtue.
Une écharpe rouge et serpentine, enroulée autour d'un arbre,
nous évoque la première tentation, dans l'Eden.
Mais alors, quel désir obscur, notre baigneuse parait-elle repousser d'un geste auguste ?

Deux autres oeuvres nous ont permis de mieux cerner le Style et la Personnalité de Courbet:

Devant '' LA MER A PALAVAS '' , un homme, Courbet, se tient
'' cambré '', chapeau à la main. Il salue la mer, d'un bleu-vert
intense, en la défiant de son orgueil conquérant.

Dans le chef d'oeuvre '' LA RENCONTRE '' , Courbet, fier et
superbe, sa barbe ''assyrienne'' pointée en avant,en tenue
d'artiste, est accueilli par Alfred Bruyas et son Aide.
Si tout a été dit sur les rapports presque inversés entre
l'artiste et son mécène , tous deux en quête de gloire et
d'immortalité, notre groupe d' amateurs a découvert la composition des personnages et des éléments inscrits dans
la fameuse courbe hélicoïdale et vitale de FIBONACCI.

Écrit par : Marcel Mantione | 07/03/2009

La petite troupe, poursuivant la visite du Musée FABRE, a désiréaller à la découverte de SOULAGES, grand peintre régional et national, dont la place internationale semble incomprise.

Après le parcours des salles qui lui sont consacrées,
on se recueille,devant une grande toile carrée, faite de larges segments noirs, chaotiques, éparts, sur un fond clair.
Venant de commenter Courbet, nos visiteurs sont perplexes, gênés, réprimant quelques petits rires étouffés.
Le noir est vite dénoncé. Pourquoi tout ce noir ?
N'est-ce pas le vide, le Rien du tout,... la Non-couleur ?

L'animateur rappelle que l'Univers est constitué de 22% de Matière Noire,de 70 % d'Energie Sombre,et de seulement 3 %
de Matière Lumineuse.

Certains membres, '' qui savent des choses '', Protestent à voix basse, puis avec vigueur devant l'incompréhension de certains. Paradoxalement ils parlent de la Lumière du Noir...

On se concentre. On se pose des questions sur la facture du tableau. Ont-ils été réalisés avec de gros pinceaux ou des brosses ? On opte pour de volumineuse spatules en caoutchouc.
Mais alors, a-t-il été fait à plat ou verticalement ?
A-t-il été conçu avant sa réalisation ?

L' Analyse de la Structure a fait émerger des TRAITS Noirs,
larges, jetés au hasard comme dans un Jeu de Mikado.
Par ironie on a parlé de Courbe de Fibonacci. l'animateur ,
relevant le défi démontre l'existence d'une telle courbe dans ce tableau.

Une autre très grande toile, composée de quatre éléments
horizontaux, étalent, telles des Fresques, des TRAITS parallèles et obliques, leur dynamisme, faisant alterner des facettes sombres et claires, des Stries moirées.
Les Bandes, les Reliefs, ne sont plus figés, mais vivent au gré du déplacement du visiteur et de l'intensité de la lumière réfléchie.
C'est ainsi qu'on peut mieux comprendre la notion de
NOIR-LUMINEUX et d' ULTRA-NOIR , affectionné par l'artiste.

Les forces jetées dans l'Analyse s'épuisant, une esquisse de Synthèse s'imposait au groupe.
On a signalé l'importance de la présence de DOLMENS dans l'Aveyron natal de Soulages.
N'y a-t-il pas IDENTIFICATION de ces Traits et des Dolmens ,
en tenant compte du décalage entre le Réel et le Conceptuel ?
Les Traits-Dolmens ne représentent-ils pas l'Individu, le Sujet?
Si chaque tableau est un auto-portrait de l'artiste, le trait n'est-il pas la présence de celui-ci, et par delà, la symbolique de chacun d'entre nous ?
Et la Répétition des Traits ?
LACAN a déjà répondu : l'Etre est appelé à se répéter, mais jamais de la même façon.

La Spiritualité du Noir n'a pas été abordée , pas plus que l'évolution vers le Noir de ROTHKO à la fin de sa vie...

Les membres du groupe se séparent souhaitant une autre séance d' Analyse Structuro-Symbolique, source de jouissance esthétique et... de Frustration.

Écrit par : Marcel Mantione | 08/03/2009

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