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25/01/2013

LINDER : femme / objet (MAM Ville de Paris)

Le Musée d'Art Moderne expose du 1er février au 21 avril 2013 une rétrospective de LINGER STERLING, une artiste britannique.

Depuis 1976, elle s'exprime, elle, son art, ses idées, à travers les arts plastiques, la musique, la mode. Transgressive et provoquante, elle réalise des photomontages, prolonge son oeuvre à travers la diffusion de "fanzines" (fantasiques magazines), développés à partir de la contreculture issue de Mai 68, popularisés par le mouvement punk et la philosophie DIY. Elle est présente dans les vidéos, des costumes, des performances audiovisuelle où elle n'hésite pas à porter une robe faite de viande crue.

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Elle dénonce la femme objet que la société désire et fantasme, la femme transformée, manipulée par la publicité, aliénée, violentée.

L'attitude hystérique dans laquelle elle se place lui permet, certes, d'assumer son plus de jouissance, mais aussi d'asseoir, paradoxalement, une position morale ambigüe et sa légitimité artistique.

 

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La psychanalyse dans la cité

C'est le prochain ouvrage que va faire paraître Georges BOTET PRADEILLES, psychologue de formation psychanalytique. Son intérêt pour les amateurs de culture m'a semblé évident et c'est la raison pour laquelle je vous le propose.

En voici le condensé donné par son éditeur :

"Malgré les progrès scientifiques et sociaux, nous sommes de plus en plus seuls dans notre vie professionnelle et amoureuse. L'image envahissante et la communication superficielle effacent nos repères symboliques. L'intime de notre désir lui-même nous devient étranger. Seule la posture d'écoute, inspirée de la psychanalyse sait encore entendre le sujet désirant. Il ne s'agit pas d'être là, savant, compétent, empathique ou sage, mais d'attendre avec ce qu'il faut d'amour et d'intelligence, les retrouvailles de l'esprit dans l'énonciation de l'autre. Le "patient" retrouve ici une liberté qui n'est reconnue nulle part ailleurs. L'ésotérisme des écoles et la sécurité des cabinets ne sont même pas de rigueur. Voici un ouvrage décapant qui nous suggère une "Ecole sans maître" faisant sa matrice de l'humanisme et de la posture de la psychanalyse".

Georges BOTET PRADEILLES a déjà écrit de nombreux articles et publié, entre autres :

"Apologie de la névrose" / Ed. Persée / 2008

"Fallait-il tuer Socrate ?" / Ed. Persée / 2008

"Nouveaux propos sur le Bonheur" / Ed. Dédicaces / 2011

"Pourquoi encore la psychanalyse?" Ed. Dédicaces / 2012

Tous les amateurs de ce type de lecture prendront un grand plaisir à parcourir cet ouvrage et en sortiront enrichis.

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10/01/2013

RENOIR Film de Gilles Bourdos

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Près de Cagnes sur Mer, sur un sentier de campagne, une jeune femme flamboyante chevelure rousse au vent, flottant dans une robe orange, semble planer sur sa bicyclette. Elle s'arrête à un portail en fer forgé sombre. Elle cherche un certain Renoir.

Il est assis sur une chaise roulante, perclu de rhumatismes, sa femme est décédée depuis un an.

Il ouvre progressivement ses yeux mi-clos qui s'allument et scintillent de curiosité.

Elle s'appelle Andrée et se propose comme modèle. Contre toute vraisemblance, elle dit venir de la part de sa femme. Mais Matisse, un ami, qui n'est pas loin a pu y être pour quelque chose. Elle correspond à son attente avec une académie parfaite, une peau de pêche au grain velouté,des seins bien galbés.

Dans la Villa des Collettes où trois à quatre femmes s'activent autour du maître,les séances de pose vont se succéder. Il ne peut se passer d'elle. Son ardeur au travail est revigorée par sa beauté, sa vitalité, et son enthousiasme. Il en oublie ses douleurs qui le font gémir la nuit. De son pinceau fixé par des bandelettes à sa main  infirme, attentif, concentré, immergé dans la création de son oeuvre en devenir, Auguste Renoir caresse sur sa toile les chairs roses et bleutées qui palpitent à la lumière, il recherche l'essentiel, la simplicité de l'expression et du désir, la beauté à transmettre, bref, son testament.

Nous sommes en 1915, une guerre infernale fait rage, ses deux fils, au front sont blessés. Et voilà que Jean revient dans cet eden, sur des béquilles, la hanche broyée. Après la joie des retrouvailles, progressivement, une idylle se noue, avec discrétion et délicatesse entre Jean et Andrée, sous le regard consentant du maître de maison.

Andrée, après avoir inspiré et dynamisé le père, accompagne la convalescence du fils, restaure la confiance en lui et favorise son devenir cinématographique. Il deviendra le grand cinéaste que l'on connait : Jean Renoir. Elle sera, après la gerre l'actrice de ses quatre premiers films et sa première femme.

Dans ce film, le jeu des acteurs est excellent :

Michel Bouquet ''est'' littéralement Auguste Renoir.

Christa Théret, désirable et crédible est adorable. Sa voix faubourgeoise lui donne une certaine coquetterie.

Vincent Rottiers, dans le rôle de Jean Renoir semble promis à un bel avenir.

Guy Ribes, un authentique faussaire, auquel on a demandé de dévoiler en la reproduisant, la technique subtile de Renoir, nous a permis d'apprécier plus encore, le génie d'un des maîtres de l'impressionnisme.

La splendeur de certaines prises de vue réalisées par le directeur de la photographie, Ping-Bing Mark Lee, sous la houlette du réalisateur, Gilles Bourdos, est à la hauteur de l'enjeu pictural.

Pour ceux qui apprécient la peinture, cette fin de vie de Renoir est une méditation inoubliable.