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09/12/2010

LA FIAC sous le regard de DERRIDA

Parcourir la FIAC en ses trois lieux d'exposition, LE JARDIN DES TUILERIES, LE CARRE DU LOUBRE et LE GRAND PALAIS, a de quoi provoquer le vertige par la quantité et surtout la diversité des oeuvres sélectionnées par des Galeries prestigieuses à vocation internationale.

Les repères que constituent les différents courants de la peinture ont craqué dans le bouillonnement de la contemporanéïté.

La philosophie déconstructive, prolongeant les analyses de l''inconscient, ont mis à découvert un ''Réel polysémique''

Les ''Icônes'' identitaires, ne sont plus aussi présentes dans les avant-gardes.

Les menaces qui pèsent sur nos sociétés se font sentir dans les ''déplacements'' des oeuvres.

Quelques artistes recherchent chez les ''Anciens'' une ''Post-Modernité'' esthétisante.

Deux réalisations de Mounir Fatmi, Galerie HUSSENOT, vont nous aider à relier l'extérieur, c'est à dire les Tuileries à l'intérieur du carré du Louvre : L'oeuvre,''Hommage à Derrida'', ''J'aime DSCN4505.JPGl'Amérique'', est constituée de barres d'obstacles, peintes aux couleurs du drapeau américain. Elles semblent débouler en cascade aux pieds du Louvre. Les couples''bipolaires'' de la ''Construction/Déconstruction de Derrida opposent les éléments matériels et phénoménologiques aux éléments conceptuels et sociaux. Marie Deparis-Yafil a déjà écrit à leur sujet : <La matière et l'effondrement, le chaos et la faille, le triomphe et l'échec, se manifestent comme les différentes faces d'un même objet. >

A l'intérieur, ''La scie circulaire '' (catalogue : page 207) de Mounir Fatmi est impressionnante : 150 cm de diamètre, des dents acérés, elle étincelle sous la lumière. DSCN4513.JPGDes éléments calligraphiques tracés au laser,préconisent la connaissance. Elle met en valeur les oppositions Beauté/Violence, Connaissance/Violence. Les préoccupations de nos sociétés sont dans le champs.

PRESENCE/ABSENCE

Cest la première composante d'analyse déconstructive. Elle englobe notamment la problématique de la TRACE, des VANITES, des MASQUES, des ENFERMEMENTS, des DESTRUCTIONS, qui jalonnent cette exposition.

D'autres couples bipolaires viennent interférer et ciseler cette approche nouvelle. Notons : La Réalité et l'Apparence, Le Phénomène et l'Essence, Le Masculin et le Féminin, Le Sens et le Non-Sens, L'Identité et sa Représentation...

Les TRACES : Le Mur de Portraits photographiques de Bolthansky baigne dans la pénombre. Il contient autant de représentants disparus, une évocation silencieuse et culpabilisante.

Mike Kelly évoque à travers une exposition verticale de verroterie, la vision cadastrale d'une ville détruite, comme vitrifiée... Passé/Présent/Avenir sont reliés...angoissant.

Quatre femmes apparaissent, fantomatiques,comme derrière des plaques radiographiques, nues, centrées par leur squelette. Leur visage est là, pourvu d'un masque. Leur trace est le simulacre d'une présence. Sont-elles encore habitées par une conscience ?

Une sculpture d'aspect torturé, que l'on devine avoir été une femme, git à terre, sur la nuque et le dos, semi recroquevillée, jambes en l'air, bras tordus. Son aspect pétrifié ainsi que des marques ferrugineuses nous font penser à un ensevelissement séculaire, après une catastrophe tellurique, telle celle de Pompéï. Le présent est inséparable du passé. Le Sujet, irreprésentable, est réduit à un Objet archéologique. L'Identification est douloureuse, mortifère. Une compassion silencieuse s'instaure...

LES VANITES : De nombreux crânes ont étés inspirés par des artistes contemporains.

La figuration hyperréaliste d'un crâne, sur fond blanc, pose le problème de l'objet réel et de sa représentation.

Une gigantesque structure crânienne de plusieurs mètres d'envergure, hérissée de crochets métalliques surdimentionnés, suspendue à la voute du Grand Palais, met en opposition le Réel et l'Imaginaire, la contemplation intérieure et extérieure.

Grâce à Mathieu BRIAND, Galerie OF MARSEILLE, les vanités se sont enrichies d'un crâne de taille normale,dolichocéphale, dont la trame est faite de résine blanche,réticulaire. Celle-ci figure la masse osseuse, les canaux et canalicules vasculaires, ainsi que l'enchevêtrement nerveux du tronc cérébral qui sort par le trou occipital.

DSCN4560.JPG

Les allusions aux différentes structures du vivant sont ici doublées par la présence, à l'intérieur, d'un être pendu à la partie la plus haute de la voute crânienne. Nous sommes devant une polarisation encore plus complexe : Réel/Représentation, Vie/Mort, Etre/Non-Etre.

 

Le Travestissement par les MASQUES, les problèmes d'IDENTITE, et d'ENFERMEMENT mettant en jeu :

  • Le personnage d'Obama et le découplage Sujet/Représentation,
  • La torture et sa triste évocation,
  • La problématique du féminin et du masculin, chez les femmes voilées, avec leur désir de Liberté (page 273).

Un artiste, Louis CANE, Galerie CEYSSON, nous a donné un bel exemple d'autoportrait en Louis CANE-red.jpegtamponnant une toile de son nom : Louis CANE, d'une manière répétitive. Il a permis, après MAGRITTE, qui a découplé un objet de sa représentation, d'affirmer qu'un écrit peut être l'équivalent d'une représentation.

RECONSTRUCTION

L'analyse déconstructive de DERRIDA aboutissant à l'exacerbation douloureuse du multiple se retourne réversible vers une reconstruction unitaire et un apaisement des contraires.

L'oeuvre d'Etienne CHAMBAUD : ''On Hospitality'' (page 242) montre des fils tendus verticaux qui se subdivisent. ''L'Un'' au sommet parvient au ''Multiple''. Les objets reliés à ces fils sont inconnus, cachés sous un socle. Nous sommes encore dans la problématique de la Présence / Absence du particulier au paradigmatique, symbolique des relations structurales.

Iliya CHICHKAN nous offre un visage divin souriant "Nolan", évoquant à la fois ''Dieu le Père et la Mère Divine''. Cette synthèse des genres est également proposée par Barry X BALL dans ''Hermaphrodite endormi'' (page 357).

L'harmonisation Homme / Nature est offerte dans un vaste tableau photographique par la présence d'une chinoise aux longs cheveux noirs, toute de blanc vêtue, contemplant un lac sans rides, traversé par un pont longiligne bordé d'une végétation apaisante se prolongeant dans la brume vers des monts que l'on pressent sacrés.

La recherche de la beauté et de l'harmonie est mise en lumière dans :

  • la présentation en négatif d'un cristal géant d'acier fait par Timo NASSERI (page 246),

  • des compositions végétales,

  • un paon dans la lumière,

  • la fierté d'un rapace altierqui nous contemple sur son perchoir,

  • un splendide tapis aux symétries parfaites et aux couleurs complémentaires,

  • les splendeurs d'un palais,

  • le rayonnement ondoyant des lois de la nature (page 338).

La déconstruction / reconstruction de DERRIDA nous a finalement servi de fil conducteur dans les décryptages fiévreux de notre société par des polarités doubles telles : Présence / Absence, Objet / Sujet, Phénomène / Essence, avant de s'apaiser dans l'Unité / Multiple, l'Homme / Nature, l'Esthétique / Ethique.

23/11/2010

PARCOURIR UN SALON

Comment relater un de ces nombreux salons qui sont l'attrait et le rayonnement de notre capitale ?

Faut-il se placer sous l'angle particulier du collectionneur qui choisit la ou les perles rares afin d'assouvir un plaisir narcissique solitaire ou bien celui d'un spéculateur à l'affut d'un artiste à fort potentiel ou d'une oeuvre sûre du'' premier marché'' ?

Doit-il se mettre dans la peau d'un simple Amateur qui essaie de retrouver les différents courants picturaux de l'histoire de l'art moderne ? Du Psychosociologue qui observerait la relation entre l'oeuvre, l'artiste et la société ? De l'Homme Cultivé, riche d'un savoir particulier qui tente de débusquer les avancées de la Post-Modernité dont il pourrait être l'Inventeur ? De l'Humaniste éclairé qui se promène dans les arts comme dans une encyclopédie à ciel ouvert ? Doit-il avoir le regard aigu d'un Savonarole flairant les dérives abominables d'une société décadente qui court à sa perte ? D'un Esthète à la découverte du Sublime ? Du Philosophe, en pleine Euristique, faisant le plein des Items qui étaieraient ses analyses approfondies et ses synthèses plurisémiques ? Ou tout simplement à partir d'un visiteur lamda qui s'adonne à la contemplation d'oeuvres à découvrir ?

Les différents Salons de la FIAC, des ARTS ELYSEES, du SALON D'AUTOMNE seront abordés ultérieurement sous l'angle de thématiques diverses.

04/10/2010

TROIS INTERPRETATIONS

Lors d'une soirée poétique conviviale,centrée sur le thème de la mer, organisée par le ''Club POEVIE'' à l'initiative d'un groupe de ''Décideurs'', Chefs d' Entreprise et Responsables de ''la Com.'', j'ai été sollicité pour interpréter trois tableaux, signés ''Guilhem d' ARAGON'', mon nom de peintre:

Le Radeau de la Méduse, ou la Crise,

La Grande Vague au Cheval Marin,

Le Nom de Dieu.

Voici le fil conducteur de ces interprétations :

LE RADEAU DE LA MÉDUSE

Ce tableau est une métaphore de la crise mondiale actuelle, initiée fin 2008 par la faillite des subprimes, ces valeurs immobilières américaines empoisonnées.La Crise 130x97.JPG

Le radeau, avec ses naufragés évolue sur une mer houleuse d' un vert foncé. Des hommes et des femmes dévêtus, ''dépouillés '', s'y sont réfugiés.

Des cadavres verdâtres gisent au premier plan. Le ciel est sombre. mais, dans une zone dorée, en haut et à droite, apparaît un bateau.

L'espoir renait, des bras ruisselants de lumière se tendent. D' autres malheureux sortent de leur torpeur.

La métaphore de la crise est affirmée par une mappemonde qui occupe le centre de gravité du radeau, attestant que le problème est bien mondial.

Sous la couche des pigments qui entourent et structurent les abords de la base flottante se cachent les objets et les causes de la crise, à savoir des billets de banque.

Au loin, le bateau sur lequel repose l'espoir s'appelle le '' G 20 ''. Est-ce une illusion ou une réalité? Une dynamique semble s'être enclenchée...

LA GRANDE VAGUE

Chimère 100x100.jpgCe tableau représente une forme chevaline jaillissant des flots épousant les contours d'une grande vague qui évoque celle du peintre japonais Okusaï ( 1830 ), laquelle a été localisée à Kanagawa, au large de la baie de Tokyo. Le mont Fudji est à l'horizon, à une centaine de kms.

Cette vague symbolise la toute puissance de la nature. On l'appelle '' Vague Scélérate '' en Occident et '' Tsunami '' au Japon.

La ''fractalisation '' de l'onde qui déborde de la tête du monstre marin, identifie la réalité du Chaos, tout en assurant l' Ordre et la permanence des Lois physiques.

La morphologie de l'ensemble évoque les courbures du Tao introduisant au Bouddhisme.

L' Animisme est présent dans cette Chimère d'inspiration gréco-romaine.

Dans le ciel, doré, sacralisé qui la nimbe, pointe l' Orthodoxie byzantine, tandis que les barques des pêcheurs, englouties, évoquent l'angoisse de mort.

Le peintre a tenté de faire une synthèse de l'Art Oriental et Occidental dans cette perspective novatrice au XIX è siècle et aujourd'hui par l'adjonction d'éléments mythiques, existenciels et sacrés. Cette convergence spirituelle est l'objet des recherches actuelles de Guilhem d' ARAGON.

LE NOM DE DIEU

Le cadre est une grotte mise à jour récemment à plusieurs centaines de mètres de profondeur, au Mexique.Le Nom de Dieu 97x130.JPG

Des cristaux géants de gypse la tapissent,s'érigeant parfois en colonnes monumentales, chaotiques, depuis des millions d'années.

Cette grotte , lumineuse , envers de la grotte obscure de Platon, symboliserait l'univers.

A la base des deux colonnes centrales qui bifurquenten formant un V, se situent les lettres DEI, DYEW, DEIWO, racines indo-européennes du nom de Dieu. Elles signifient '' lumière du jour qui se divinise.''

Une masse rouge sort des roches cristallines sombres.

Une clarté orange monte en irradiations hélicoïdales et finit par rayonner en couleurs jaunes et blanches,celles du spectre solaire.

La colonne de gauche, DYEW , intègre la présence de ZEUS , le dieu de l'Olympe , le dieu des dieux détenteur de la lumière et de la foudre.

L'ordre règne et se poursuit avec JUPITER c'est-à-dire DIU Pater, dieu le père pour les romains qui ont adopté le panthéon grec.

La colonne de droite, voit le cycle des jours , Dies, s' entrelacer avec celui des dieux romains: MarDi, MercreDi, JeuDi, VendreDi, c'est à dire les jours de Mars, Mercure, Jupiter, Vénus.

Nous montons un peu plus dans la Divinisation avec Deitas, Divinitas, Deus ...jusqu'au DIEU des chrétiens.

Nous sommes passés de la lumière du jour, omniprésente par un gradient de spiritualisation à la notion de lumière divine,omnipotente.

Les racines partent de l'Immanence pour aboutir à la notion de Transcendance, en passant par la personnalisation animiste gréco-latine-latine, l'incarnation du '' Fils de Dieu; ''

Le cheminement est parallèle chez les chinois, avec

le ''Xi'', le souffle créateur,

le ''THUNG'', Dieu lumière du jour,

le ''TIANMAN'' ,Dieu omnipotent.


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