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30/03/2010

Marie-france PLEISSIER, une artiste peintre à découvrir.

Marie-France PLESSIER

 

Née en 1957,.elle vit et travaille à Montmorillon, en Poitou-Charente.

Son existence est parsemée d'obstacles traumatisants dont elle garde des séquelles.

Son parcours artistique lui permet de prendre le dessus, grâce, notamment à la peinture qui est au centre de sa vie. Son naturel franc et généreux, son humour sont des traits de sa personnalité.

 

De très nombreux Prix et Trophées sont venus couronner des expositions multiples:

Le Prix Vincent Van Gogh-Biz-Rome 2007

Les Trophées de La Culture Medusa-Aurea-Rome 2007-2008

Le Concours de La Fondation Taylor-Paris 2008

Le Mérite Artistique de la Ville de New York

Le Grand Prix International Rembrandt 2010 de Florence

Le Mérite Culturel Français 2010, etc...

 

La description des oeuvres emblématiques permet de mieux comprendre ses préoccupations et les solutions qui s'ouvrent à elle.

Mademoiselle ou le Poisson-Ange: Le fond est d'encre, comme celui des abysses marins ou des espaces intersidéraux. Flanqué d'une paire d'aile ou de nageoires, un être étrange, saphir et or, chimère d'un poisson et d'un ange, plonge dans la diagonale descendante. Son oeil droit, globuleux, nous interroge sur notre essence et notre devenir

Poisson-Ange.jpg

Complicité: Deux visages rapprochés, font converger leur regard vers nous.Des éléments végétaux éclatés les couronnent et les structurent. Deux paires d'yeux noirs quémandent notre compréhension et notre affectivité.

Photo DVD 102 Masques divers ++++ MFP.jpg

Venise d'or: Des gondoles, noir et or, se découpent majestueusement sur le Canal scintillant. La Basilique ruissèle de lueurs byzantines. Les barques et les pieux se dressent, immobiles, vers la coupole auréolée.

P1010602_modifié-1-1 Venise d'or ++++.jpg

Partout et Ailleurs: Des structures vermiculaires entourent des entrelacs bleutés, dans une surface sans commencement ni fin. La matière est composite et riche, l'évocation polysémique, tissulaire, féminine, cadastrale. La Création et la Destructuration s'affrontent, espérance d'unité dans le multiple.

P1010953_modifié-1 LES MYSTERES DE LA NUIT MFP.jpg

La Tour de Pise: Incertaine, lactescente, sans fondement, elle sélève dans l'azur, telle une montgolfière. Des lignes discontinues dessinent des étages en spirales. Des idéogrammes humanoïdes la chargent d'histoire

L'Homme qui croyait être le Christ :Sur un arrière plan noir, la tête d'un homme surgit de profil,tournée vers la gauche et le passé. Il est livide, marmoréen, couronné d'épines blanchâtres. Son oeil, traduit une souffrance indicible. De sa couronne suinte un filet de sang. Nous comprenons qu'ils'agit de Jésus et de sa passion. Nous sommes pris dans le vertige de la compassion et d'un questionnement ontologique.

P1020022_modifié-1 ++++ Christ MFP.jpg

Le Masque Vénitien associe Byzance au Japonisme

P1020395 Masque vénitien.jpg

L'analyse des éléments signifiants nous éclaire déjà sur les préoccupations de l'artiste.

Les fonds acquièrent une grande importance. Obscurs pour la plupart, ils illustrent les côtés sombres de la vie. La lumière en ressort d'autant mieux. Les lignes de ses visages sont nettement identifiables, mais celles de ses monuments sont discontinues, hiéroglyphiques, labyrinthiques. Les couleurs, sous forme de taches, se recouvrent en glacis. Les tons sont parfois contrastés, distordus comme en un mirage halluciné. La matière, pigmentaire, est rutilante: bronze, argent, or, lapis-lazuli, cobalt, enrichie parfois de céramique. Les formes sont oniriques.

 

La recherche de sens de cette oeuvre? Marie-Franc Plessier le dévoile lorsqu'elle parle de ses recherches sur la schizophrénie qu'elle intègre : Le morcellement des lignes, des volumes et des êtres, le manque d'enracinement des monuments et des sujets, les manifestations d'angoisse devant la solitude et la mort, la prépondérance de l'onirique et de l'irréel. L'expression de la Résilience et de l'élan vital sont à l'œuvre dans le désir de comprendre le passé et de rechercher des repères, l'envie de sortir de soi pour aller vers autrui et les civilisations antiques, malgré les ruines et les blessures.

Elle aspire à la spiritualité et à des valeurs sacrées.

La Sublimation esthétique permet le dépassement du manque à être, vers plus de Lumière et de Beauté. L'amateur d'art, se réjouit de la victoire morale de l'artiste et apprécie l'œuvre qui lui est proposée.

 

12/03/2010

Dieu, la Loi.. et l'Homme

Le Dimanche, au bois de Montmaur, à Montpellier, des amis
''marchent '', comme le faisaient les disciples de Socrate, en
argumentant, tout en se laissant influencer par la Libre
Association d'idées, chère à Freud. La Pluridisciplinarité
d'Edgar Morin est également dans le champ, car nécessaire
pour disserter sur ce monde imparfait.
Le fondateur des Péripatéticiens est Florian Mantione, Chef
d'entreprise, et Créateur de lien social.

Un thème, ce jour-là s'est imposé, comme dans un Café-Philo :
'' Dieu, la Loi et... l' Homme '' .

Le long des sentiers sinueux du Zoo de Lunaret, fleurant bon
la garrigue et les chênes verts, les idées tourbillonnent.
Hatim,fin lettré et Chef d' Entreprise,se plaint du service après-
vente du '' Dieu-Créateur ''.
Immédiatement, Jean-Marie, Philosophe, évoque La Liberté
de l' Homme.
Une Responsable de la santé , qui semble avoir retenu le
thème de la Loi, donne une classification personnelle de
celle-ci:la loi des législateurs, des moralisateurs et des
scientifiques.

Après avoir salué les Caracals, notre animal ''Totem '',
les Singes et les Guépards, on arrive dans une clairière,
mi-ombre, mi-soleil.
On se pose autour d'un entablement rustique, sur des bancs
mal équarris.

On cherche l'étymologie , l'évolution du mot et du concept
Dieu et du mot Loi.
Les racines indo-européennes du mot dieu ,plongent dans
l'Animisme: '' dyen '', ''dyew '', '' dei-wo '', c'est-à-dire
le jour lumineux qui se divinise.
Après un détour dans le Panthéon des Dieux multiples de la
Nature, on évoque le Dieu Solaire, égyptien '' RA '', indexé
sur les Lois du Cosmos.,avant d'arriver au Dieu Unique des
religions du Livre.
Quant à l'étymologie du mot '' loi '', elle viendrait d'une
racine latine '' leg '', la chose édictée, qui se lit et relie les
hommes

La reproduction d'un tableau de Chagall, '' Moïse recevant
les Tables de la Loi '', sert de catalyseur à un flux
d'opinions contrastées sur l'approche des trois
Monothéismes , du Décalogue et de la Création.

Moise recevant les tables.jpg


On est perplexe.

J'avance avec précaution le titre d'un ouvrage collectif récent
''Le Monde s'est-il créé tout seul ? ''
Ilya Prigogine, prix Nobel de physique, y parle de
'' l'Auto organisation des Systèmes Dynamiques'', conforté par
Joël de Rosnay, auteur de '' l'Homme Symbiotique '', et du
Philosophe Henri Atlan.
Cette Auto-organisation de l'Univers, qui ne fait pas intervenir
la présence de Dieu, sans l'exclure, et l'émergence de la Vie
dans une '' Libre Nécessité '', est à mettre en relation avec
l'émergence de la Spiritualité Contemporaine.

Le petit groupe reprend sa marche.
On n'a plus le temps de rendre une visite de courtoisie aux
Ours, aux Lions et aux Rhinocéros.

Mais les conversations se poursuivent.
J'écoute une participante dont la Foi paraît ébranlée.
Nous voilà au voisinage de la grille de sortie
C'est alors qu'on me prie d'exposer mon opinion sur
Dieu et la Loi..

Je reprends la peinture de Chagall, car elle me semble
paradigmatique, et j'explique ce que je vois:
Moïse m'apparait en lévitation, éclairé d'une Lumière Blanche,
sur la diagonale ascendante, au sommet du Mont Sinaï.
Il est entre son Peuple et Dieu.
Le '' Peuple Élu '', couleur Chair,situé en bas et à gauche,
espère et s'impatiente autour d'un ''Veau d' Or ''.
Derrière une Nuée aveuglante, Dieu tend les Tables de la Loi
à Moïse qui s'en saisit.

La Spiritualité qui se dégage de ce tableau me semble se
décomposer en trois instances:
L' Immanence du Peuple En Espérance,tenté à nouveau
par l'Idolâtrie,
La Transcendance marquée par la présence rayonnante
de Dieu,
La Conscience de Moïse qui accepte et intègre la Loi,
cette Loi qui cheminera durant le siècle des lumières
dans la Conscience humaine et passera par la
'' Déclaration des Droits de l' Homme ''.

Pour Moïse et plus tard son Peuple,
la Loi et Dieu se confondront,
la Loi étant le Symbole de l'efficience de Dieu, comme si
La LOI était DIEU , et DIEU était LA LOI.

Cette interprétation paraît momentanément les satisfaire.
Joyeusement, les Amis se saluent et repartent librement
en ce Lumineux Dimanche de Printemps.

08/03/2010

La Joconde

 

LEONARD DE VINCI - LA JOCONDE :

Le double-manque ou l'attrait de la Renaissance

La Joconde, œuvre majeure de Léonard de Vinci, nous invite à une méditation individuelle et collective :Mona_Lisa-La-Joconde.jpg


  • Pourquoi suscite-t-elle une aussi grande fascination ?

  • Sommes-nous sensibles à son sourire ?

  • Nous sentons-nous concernés par son regard ?

Que voyons-nous ?

Une jeune-femme, dans une loggia ouverte sur un paysage de lac montagneux.

Son buste nous fait face, légèrement tourné vers notre gauche.

Dans cette nature archaïque, on devine la trace de l'homme, une route, un pont.

Le tout baigne dans une lumière subtile.

Ce qui nous frappe, c'est sa présence. Ce qui nous trouble, c'est son ambivalence. Est-elle sereine ou triste, aimante ou détachée, femme ou mère ?

Au-dessus de son large front, un voile imperceptible couvre ses cheveux. Ses paupières lourdes et son regard profond dominent l'horizon. Un décolleté prodigue laisse entrevoir des seins gonflés. Ses bras repliés s'accoudent à la balustrade.

Est-elle issue des vierges du Moyen-âge ou incarne-t-elle une femme dans sa modernité ?

Nous sommes accueillis par un sourire imperceptible, énigmatique.

Son regard émerge du tableau dans notre direction. Nous sommes invités à la dévisager à notre tour, souhaitant être l'objet de son désir. Mais elle ne nous voit pas, sa vision glisse et notre manque est en souffrance.

Cette prise de conscience progressive contraste avec le sentiment océanique d'Immanence nourri par un paysage des Origines, la profondeur variable d'un temps vertigineux qui passe de l'ébauche d'un sourire à celui de la création d'une chaîne de montagnes.

Cette relation fondamentale d'une Femme et de la Nature est éveillée par le désir d'une rencontre.

Que savons-nous de Mona Lisa ?

Lisa Gherardini est née à Florence en 1479. Elle épouse Francesco del Giocondo en 1495. Celui-ci a plusieurs charges publiques. Elle aurait perdu en 1499 son fils unique.

Le portrait, esquissé en 1501, est réalisé entre 1503 et 1507. On dit que Léonard de Vinci convoqua des musiciens pour tirer Mona Lisa de sa mélancolie et lui arracher un sourire. Ce tableau ne sera jamais livré. Léonard l'emportera et le travaillera en France.

Nous connaissons Léonard de Vinci, sculpteur, architecte, ingénieur, mais nous connaissons peu l'homme au caractère contrasté, en proie au doute.

Nous savons qu'il nait à Vinci en 1452, fils illégitime d'un notaire et d'une servante. Il est arraché à sa mère vers l'âge de 4 - 5 ans par son père et élevé par sa belle-mère. Celle-ci lui témoigne beaucoup d'affection.

Il semble que la rencontre Leonard de Vinci - Mona Lisa se soit faite sur une double absence. Celle de l'enfant que Mona Lisa ne serre pas dans ses bras vides. Celle de la mère perdue, désirée que le peintre ne finira pas de chercher et de se représenter, à la fois proche et lointaine, chargée de ses reproches mais pleine des vertus réparatrices de son amour.

Ce « double-manque », celle relation œdipienne interrompue nous interpelle.

Ce n'est qu'après un long travail de deuil que Léonard aurait surmonté cette absence en la symbolisant sur la toile par une présence à vocation éternelle.

La sublimation de Léonard est nôtre. Elle nous permettrait de mieux comprendre, par-delà son génie, le retentissement de La Joconde.

 

Marcel MANTIONE