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26/09/2013

TRANS-MODERNITE ?

Chers Amis Internautes,

Après l'interruption estivale c'est avec plaisir que je reprends contact avec vous car j'aimerais connaître vos réflexions ou émotions après la découverte de lieux, de livres ou d'idées nouvelles et échanger avec vous les intérêts ou émotions ressentis.

Pour moi, un livre très dense qu'on ne peut lire qu'avec attention et application a orienté mes recherches et enrichi mes réflexions. Il s'agit du livre-catalogue de Bernard-Henri LEVY sur ''l'Art et la Philosophie'' ou ''L'Aventure de la Vérité'' . BHL, penseur-homme d'action considère que PLATON a attribué, jugé et induit un rôle mineur à l'Image et aux Arts par rapport à l'Idée, aux Concepts, bref à la Philosophie.

Mais, je me demande, cependant, s'il a interrogé l'importance des Valeurs qui ont influencé la civilisation gréco-judéo-chrétienne et notamment celles qu'on a appelées le Platonisme puis le Neo-Platonisme avec la notion de Beau, de Bien, de Vrai mêlant la Vérité à l'Esthétique et la Morale.

Une récente déambulation dans les lumières des Grands Magasins a prolongé et illustré cette méditation et suggéré des métaphores intéressantes. 

Aux Galeries Lafayette, deux blocs noirs de GUERLAIN et de Christian DIOR, au rez-de-chaussée, évoquent le pèlerinage de riches acheteurs internationaux. Les colonnades, les arcades et la coupole accentuent la perception mystique de la scène. Les valeurs du platonisme sont présentes, la Beauté apportant la caution de qualité, c'est à dire pour certains, la ''Vérité du produit'' au Bien-être des hommes communiant dans les valeurs de la société marchande.

Un autre exemple d'esthétisme platonicien s'est imposé à moi : Sur les Champs Elysées, Louis VUITTON présente de prestigieuses vitrines avec de véritables squelettes dorés de dinosaures, grandeur nature qui étincellent et arborent des sacs renommés pour le plus grand bonheur d'une clientèle mondialisée.

Au-dessus de la Boutique, s'est installé l'Espace Culturel Louis VUITTON, à l'image d'autre espaces culturels financés par des marques prestigieuses. Le thème actuellement traité est un thème où la philosophie, l'art et la psychanalyse s'entremêlent :

''Altérité, Je est un Autre '' http://www.louisvuitton-espaceculturel.com/index_FR.html

De jeunes artistes, photographes, dessinateurs, ''performers'', vidéastes du monde entier expriment leurs problèmes d'identité émergeant du groupe humain dont ils sont issus. Ils révèlent, d'une manière ''fractale'', les failles de leur inconscient individuel et collectif, la dualité de leur sexualité (androgynie, trans-sexualité...) et de leur culture (incomplétude de leur métissage, voire schizophrénie au sens anglo-saxon du terme), tensions mortifères de leur pays en conflit.

Tout ce qui est montré semble indiquer que la Culture et la Connaissance en devenir, viennent compléter les valeurs platoniciennes, enrichissant la communication, la diffusion des idées et l'ouverture aux autres et au monde.

On serait semble-il dans une Trans-modernité.

Je serais heureux de savoir si vous-même au travers d'expériences diverses avez eu cette même impression afin que nous puissions échanger sur ce sujet.

Bien amicalement.

 

27/05/2013

CONCEPTION POP ART

Le Louisiana Museum of Modern Art (Danemark), propose avec le Vitra Design Museum et le Moderna Museet, Stockholm, une exposition autour de la relation POP ART/DESIGN.

Le Pop Art s'est imposé en Grande Bretagne vers 1955 sous l'influence de l' Independant Group, composé de deux peintres, dont Richard HAMILTON, de deux architectes et d'un critique d'art, Laurence ALLOWAY.

Cinq ans plus tard, il devait s'épanouir et prospérer de l'autre côté de l'atlantique, à New York, grâce à des artistes comme Robert RAUSCHENBERG (prix de la Mostra de Venise en1964) , Jasper JOHNS. D'autres artistes devaient se joindre à eux comme Claes OLDENBERG, Roy LICHTENSTEIN, James ROSENQUIST, et, bien sur, Andy WARHOL.

Le développement du marché dans le monde occidental entre 1955 et 1973, l'apparition de nouvelles techniques (sérigraphie, acrylique), l'importance du marketing, de la publicité, du cinema, la libération des mœurs, ont favorisé une culture populaire, sexy, dynamique et colorée qui voulait faire table rase du passé.

Cette exposition permet de comprendre les influences croisées avec des designers comme CASTIGLIONI , EAMES, SOTTSASS qui apportèrent leur pragmatisme, leur savoir faire et leurs concepts.

Leur pluridisciplinarité transmute les objets de la vie courante, canette de soupe, bouteille de Coca-cola, au rang d'oeuvres d'art, comme Marcel DUCHAMP avait transformé un urinoir en ''Fontaine'' en 1917 à New York et PICASSO un guidon et une selle de vélo en ''Taureau'', en 1942.

Des mondes s'affrontent, celui de la consommation, banal et puissant, celui de l'idéologie libertaire, du désir assouvi immédiatement, celui de la transgression, au nom d' une liberté parfois mortifère.

Le DESIGN, dont l'objet apparent est de répondre à des besoins, propose des solutions nouvelles afin d'améliorer la qualité de vie. Une vision complexe permet d'enrichir ces objectifs par des apports techniques avancés, des concepts philosophiques hédonistes, idéologiques et artistiques que le POP ART rénove et rend plus convivial.

La jubilation liée à leur influence réciproque a apporté une créativité et un certain savoir être.

 

03/05/2013

Keith HARING

Keith HARING est un artiste new-yorkais qui a marqué la culture alternative des années 198O.

Né en 1958 en Pennsylvanie, il étudie à la School of Visual Arts, de NYC. Il développe en parallèle son activisme en traçant à la sauvette des graffitis dans la rue et le métro.

Il côtoie les artistes underground et du Pop-Art comme Jean-Michel BASQUIAT et Andy WARHOL. Il expose avec Roy LICHTENSTEIN, Robert RAUCSCHENBERG, notamment, dans des lieux branchés puis des musées et des biennales.

A Paris, en 1984, ses œuvres  figurent dans l'Exposition « Figuration Libre », France/USA, aux côtés de Robert COMBAS, Hervé di ROSA...

Il peint sur le mur de Berlin et, pour des causes humanitaires, des fresques dans des hôpitaux comme celui de NECKER, à Paris.

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SON OEUVRE est issue du Pop-Art des années 1960.

Les inspirations viennent de la publicité, du cinéma. Les couleurs sont vives, les formes naïves, enfantines, immédiatement identifiables.

Les « Signifiants » sont de véritables pictogrammes, analogues à des hiéroglyphes égyptiens ou indiens. L'un d'eux s'est imposé, c'est « Bébé rayonnant », marchant à quatre pattes et qui a fini par représenter sa signature. Le « Chien méchant », pourvu d'une mâchoire redoutable et dentelée, incarne les forces du mal prêtes à se jeter sur ses proies.

Le trait, coloré, rouge-orange, circonscrit les êtres et les figure.

Ce que Keith HARING « signifie », c'est :

-L'Innocence, l'Energie naissante,

-Le « Désir » d'assumer son désir, ici et maintenant,

-Le dépassement de « l' Interdit »,

-La lutte contre une réalité injuste, un ordre établi qu'il juge néfaste.

-La transformation du monde afin qu'il soit conforme à ses désirs et ses idéaux.

-Agir pour la liberté individuelle, contre le racisme, l'homophobie, la destruction de la nature, le capitalisme.

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Son activisme, sa générosité, ont affronté l'épidémie du sida qui devait l'emporter en 1990, à l'age de 31 ans avec bon nombre de ses amis.

Keith HARING, par son énergie, son charisme, son destin fulgurant, a laissé son empreinte. Il a eu la chance d'atteindre une certaine gloire de son vivant, soutenu par le milieu artistique.

C'est la raison pour laquelle le Musée d'Art Contemporain de la Ville de Paris retrace une importante rétrospective avec 250 œuvres dont 20 de très grand format, sont exposées au Centquatre.