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09/02/2012

TAPIES, le triomphe du ''Signe''

Un des plasticiens qui a révolutionné, par sa ''praxis'' et sa ''doxa'', la seconde moitié du XX° siècle, Antoni TAPIES, vient de s'éteindre le 6 Février 2012.

Pour voir les oeuvres d'Antoni TAPIES, cliquez ici : OEUVRES

BIOGRAPHIE

Il nait à Barcelone en1923. Son père est avocat. Sa famille maternelle est dans l'édition et la vente de livres.

En 1940, une grave affection pulmonaire interromp ses études de droit. Il s'intéresse alors à la littérature, la philosophie, la musique et bien sur, à l'art auquel il va consacrer bientôt sa vie. Il s'intéresse ultérieurement à la pensée orientale, la pensée Zen, le Bouddhisme.

Il subit la tragédie de la guerre civile espagnole et le franquisme.

Il est introduit auprès de Picasso, se lie d' amitié avec Miro et avec Paul Klee.Il est séduit par les provocations du Dadaïsme, influencé par le Surréalisme qui génère sa première période picturale.

Avec le poète catalan Joan Brossa, il fonde le mouvement ''Dau al Set'' (la 7° face du dé'').

En 1950, il expose à Barcelone, et deux ans plus tard, il est retenu par la Biennale de Venise.

Il s'oriente alors vers l'Abstraction.

Lors de ses recherches et pratiques innovantes, il intègre dans sa peinture des objets divers.

Sa renommée devient progressivement internationale.

Il influence l'Arte Povera.

Il collabore avec de nombreux artistes, dont, Antonio SAURA, Enrique TABARA, Manolo MILLARES.

Ses oeuvres se couvrent de symboles, d'écritures, d'objets de plus en plus volumineux.

Il est perméable aux idées de la Pop Art.

Il crée la Fondation Tapies, à Barcelone dans l'ancienne maison Montana i Simon où il rassemble ses oeuvres ainsi qu'une vaste bibliothèque.

La reconnaissance internationale le couvre de prix et de distinctions.

Il est élevé par le roi d'Espagne au titre de Marquis de Tapies, en 2010.

L'OEUVRE

Son oeuvre est considérable. On reconnaît ses toiles, son style, son univers par ses constantes.

La ''Matière'' semble en être l'objet et l'horizon.

La ''Texture'' de ses toiles est hérissée d'ojets divers. Elle ne permet pas de définir une frontière nette entre peinture et sculpture. Celle-ci prend de plus en plus d'importance, s'autonomise et prend son indépendance.

La ''Pâte'', basique est faite d'un agglomérat de colle, de poussière d'argile et de marbre. Elle enserre des objets divers, usagés et banaux, comme des cordes, des fragments de draps, des papiers lacérés, des morceaux de bois.

La Couleur est terreuse, bistre, beige, blanchâtre, parfois noire, rarement relevée d'une tache ou d'une griffure rouge-sang, d'un bleu-ciel.

Des ''Signes'' apparaissent, noirs sur fond clair. Les croix sont nombreuses, des signes de multiplication, des chiffres, de 1 à 4.

L'INTERPRETATION est aventureuse, mais elle permettrait de pénétrer l'Art Contemporain et les méandres de la Création.

Tapiès apparaît a priori comme un ''matiériste'', occupé de la matérialité émergente de la ''Réalité'', engluée dans la pâte de son temps.

Il n'en exprime pas moins des préoccupations métaphysiques au sens littéral et spirituel du terme.

Sa longue étude de la philosophie méditative orientale lui a fait prendre conscience de la correspondance entre un objet banal et le cosmos, ainsi qu'il l'a exprimé dans certaine interview. La finitude de l'objet et de la vie sont dans son champ de conscience.

La dimension ''Symbolique'' de ses oeuvres est au premier plan ainsi qu'on peut le supposer en faisant une analyse du ''Signifiant'' et du ''Signifié dans son oeuvre.

En effet, par la répétition, Tapies nous fait signe ainsi que nous l'avons vu,créant ainsi un méta langage.

Le SIGNE, comme le disent les linguistes, se décompose en Signifiant et en Signifié.

Le Signifiant, c'est la trace visible, c'est à dire le trait, la forme, la couleur, la matière...

Le Signifié, c'est le Sens apparent ou latent.

Tapies lui-même, des commentateurs, nous éclairent :

Le signe + serait l'équivalent d'une croix de cimetière, des victimes du franquisme, des guerres.

Tapies ajoute que le T de Tapies est l'équivalent d'une croix et qu'il signe ses toiles par une +.

Les Murs. Dans cette série de tableaux, la signification va dans le même sens,puisque Tapies en catalan veut dire ''mur'' ! Ainsi il a créé des ''Toiles-murs'' où il semble se projeter comme dans autant d'autoportraits.

Les Déchets. Quel sens donner à ces objets qui parsèment ses tableaux? LACAN, d'une manière provocatrice affirme ce que nous n'osons pas envisager encore: Il dit, s'adressant à des psychanalystes : <<Etre un déchet est ce à quoi aspire sans le savoir quiconque est un être parlant>>. Et on rejoint la Bible : <<Tu es poussière et tu retourneras à la poussière>>.

On comprend ainsi les angoisses d'une personne qui a eu des problèmes pulmonaires et qui a traversé deux guerres.

Ce qui semble important à souligner, c'est l'identification de Tapies aux Signifiés : Mort, Anéantissement, Matière et aux Signifiants qui représentent son oeuvre : + , Mur, Matière.

 

17/01/2012

LES SUJETS DE L'ABSTRACTION

Le Musée FABRE de Montpellier Agglomération présente après Genève une exposition de 101 oeuvres de la Fondation GANDUR ayant pour thème ''Les Sujets de l'Abstraction''. Elle correspond à la Seconde Ecole de Paris s'étalant de 1940 à 1960, au moment où Paris était encore la capitale mondiale de l'art.

L'exposition, très didactique, met en lumière les différentes forces qui ont imposé leurs contraintes autour de la seconde guerre mondiale.

Nous envisagerons successivement les différentes thématiques ci-dessous:

1 PERIODE DE SYNTHESES:

Elle est apparue sous l'occupation, vers 1941 et notamment chez les élèves de BISSIERE : Jean BAZAINE, Alfred MANESSIER, Jean LE MOAL, Maurice ESTEVE. Ils se sont référés à la tradition nationale intégrant les réseaux géométrisants post cubiques et les couleurs pures du fauvisme.

2 LES PRIMITIVISMES:

Ils émergent à la fin de la guerre. Les toiles sont alors le reflet d'une matériologie pauvre, d'un inspiration instinctuelle et primaire, d'un déchainement de violence et de dysharmonie. Ce primitivisme est illustré par FAUTRIER, WOLS, et les membres du groupe CoBrA comme Karel APPEL, Asger JORN.

3 RECONSTRUCTIONS :

En parallèle avec l'évolution des sociétés européennes qui se reconstruisent, les peintres intériorisent une élaboration réparatrice de leur monde intérieur et extérieur :

Nicolas de STAËL réalise des maçonnages à la truelle avec une ''matière-couleur'' superposée, disperée, étalée. Il caractérise lui-même sa toile de ''mur'' où il projette ses conflits .

Serge POLIKOFF a une vision cadastrale faite de polygones irréguliers, emboités et colorés tels une terre vue du ciel.

4 LES GESTES :

Ils sont une des caractéristiques de l'Ecole de Paris.

Jean DEGOTTEX dépasse la subjectivité d'un geste intérieur pour engager un dialogue agressif avec la toile. Il traduit aussi l'influence orientale calligraphique et Taoïste.

Emilio VEDOVA, associe plusieurs pratiques gestuelles telles que des stries, des projections, des empreintes étirées de doigts et de mains.

Hans HARTUNG et Gérard SCHNEIDER enrichissent et complexifient cette méthode.

Georges MATHIEU réalise de véritables ''Performances'' avec une grande ''Expressivité'' et un certain ''Lyrisme''. On le voit bondissant devant de grandes toiles, zébrant avec de longs pinceaux, parfois à même le tube, un fond vibrant, d'éclairs rouges et blancs.

5 DES PAYSAGES :

Les paysages intérieurs s'extériorisent sous des influences diverses.

Chez Viera da SILVA, dans ''Paris , la nuit'', les espaces et les perspectives se tordent en des miroitements multiples à partir d'une ''scène primitive''.

RIOPELLE offre un vaste tableau rayonnant, polycentrique, en réseau.

Ces deux oeuvres semblent avoir inspiré le tableau hypercontemporain de Kobori REIKO, ''Le Net''.

ZAO WU KI et CHU TEH CHUN apportent leur culture, leur écriture et leur sensibilité à fleur de peau.

6 LES RUINES

Le travail de deuil se poursuit, l'autodépréciation s'insinue et se théorise.

1950 1960, la ruine est assumée. On note :

Un abandon de la touche picturale,

Le choix de matériaux bruts et pauvres,

Des gestes destructeurs

C'est ce que l'on voit dans la matériologie de Jean DUBUFFET, les sacs cousus d'Antoni TAPIES, les lacérations d'affiches de VILLEGLE, les oeuvres composites d'Albert BURRI.

7 Pierre SOULAGES

Il absolutise le noir, passant de la matière noire à la réflexion moirée de la lumière.

Un des tableaux présenté dans la collection Gandur semble particulièrement intéressant et correspond à la période 1950 : Sur un fond gris-bleu, horizontal, des structures noires, faites de paralleloïdes brisées, dressées, s'inclinent progressivement à la manière des aveugles de BRUEGHEL. Ces traces signifiantes, ces Dolmens inspirateurs, ces Stèles signifiées, apparaissent empreintes de la ''pulsion de mort'' et de la chute civilisationnelle dont elles sont le Signe.

CONCLUSION

La collection GANDUR évoque magnifiquement la période de l'abstraction de la Seconde Ecole de Paris de 1940 à 1960.Elle a permis de prendre conscience d'une étape capitale de l'Histoire de l'Art Abstrait avec :

La Synthèse entre le Post cubisme et le Fauvisme par les suiveurs de BISSIERE

La sidération de la peinture chez des Primitivistes comme FAUTRIER ou WOLS

La violence réactionnelle du mouvement CoBrA

Les Reconstructions, notamment chez un Nicolas de STAËL

La reprise de l'Elan Vital dans la Gestuelle culminant chez Georges MATTHIEU

L'extériorisation de paysages intérieurs chez Viera da SILVA ou ZAO WU KI

La déconstruction dans un travail de deuil chez TAPIES

Le dépassement dans la quête de la lumière par delà le noir chez SOULAGES

En 1960, L'Ecole de Paris transmet temporairement le flambeau à celle de New York qu'elle a contribué à former.

07/12/2011

LE SALON D'AUTOMNE 2011

Si vous souhaitez agrandir les photographies, cliquez sur les images ! Toutes les oeuvres citées sont visibles dans l'album ''SALON D'AUTOMNE''.

Le Salon d'Automne se tient à Paris depuis sa création en 1903 par l'architecte belge Frantz Jourdain. Il a connu plusieurs lieux prestigieux : Le Petit, puis Le Grand Palais et, dernièrement, Les Champs Elysées.

Il reste fidèle à ses principes d'ouverture, d'audace et de pluridisciplinarité. Il est attaché à :

 - une Ethique mêlant les publics et les artistes de tous horizons

 - une Esthétique créatrice, à la recherche de Sens qui n'exclut pas celle de la Beauté.

L'ensemble des œuvres exposées représente un imaginaire contenu dans une véritable Boîte de Pandore où plusieurs thèmes s'imposent :

LE MONDE DES MYTHES de l'aventure humaine apparaît dès l'ouverture.

 ''Homère '', ( de Sylvie KOECHLIN ), ( cf p 256 du catalogue ), nous accueille de son buste de pierre, buriné, impassible et solennel.

 '' Icare'', ( Manuel Donato DIEZ ), semble écrasé sous le poids de ses courtes ailes de bronze et de ses désirs infinis.

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(Cliquez pour agrandir l'image)

 '' Un Minotaure '', ( JIVKO ), ( p 245 ) , bestial et surhumain dresse sa sculpture monumentale évoquant la démesure de la pensée Nietzschéenne.

 '' Le Centaure '' ( EMDE' ), ( p 272 ), annonce les Hybridations post-modernes dont le numérique et les exoprothèses sont les prolongements actuels.

 '' Le Mythe de la Caverne '' platonicienne , ( Luc-Régis GILBERT ), ( p 128 ), est figuré plus loin sur une toile où de pâles ombres s'agitent dans la lumière.

LE CHAOS

Il nous hante et nous interpelle. Poétisé par les Chinois et les Japonais, rationalisé par les philosophes grecs et la pensée occidentale, il resurgit depuis quatre décennies avec les recherches mathématiques et physiques de MANDELBROOT.

 De nombreuses œuvres s'en font l'écho :

 '' La Composition '', ( Élisabeth TOMCZYK-KUBISZYN ), déploie ses fractales tourbillonnantes et sensibles laissant entrevoir la philosophie du TAO.

 '' Soothing waves '', ( Lin-Tau LAY MASTER ), ( 114 ), nous offre un paysage marin informel et chaotique.

 '' Vent et Son '', ( Minako TAKAHASHI ), ( 123 ), et

 '' Crête '', ( Akira APE ) , méritent d'être cités.

LES CHEMINS DE LA SPIRITUALITE

 émergent d'une représentation animiste ainsi que des IDEOGRAMMES , en marche vers l'unité:

 '' L'Eclair '' de Kei SATO, ( 81 ), nous frappe car cet idéogramme semble décrire le phénomène.

 '' Le Dieu ''de Tengaku KUBO , ( 74 ), symbole de ''l'Innomable et de l'Inreprésentable'' est fait de trois éléments :

 Une forte ligne verticale affirmée à son sommet. Est-ce l'autorité transcendantale?

 Une structure horizontale et hélicoïdale, traduisant peut-être une immanence maternelle et cyclique

 Une virgule pointée, origine, fruit ou fin de toute chose?

 Quelques œuvres nous permettent aussi d'évoquer la Spiritualité dans ses composantes.

 '' Rêve Premier '', ( Michaël CHAUVEL ), ( 290 ). Cette sculpture, véritable fresque, est un enchevêtrement de racines d'or sans commencement ni fin, un rhizome. Ce rêve d'interconnexion, de communion, de solidarité, est bien un mythe des origines et d'éternité, un rêve d'Immanence.

 '' Lift 07 '', ( GROOM ). Ce grand tableau présente une alternance de colonnes sinusoïdales noires et colorées, dessinant des mouvements ascendants et descendants, en diagonale. La matière sombre est aspirée vers la lumière et la Transcendance.

 '' Yn-Yang '', ( Colette MAGDZIAK ). Deux structures tissulaires se font face , identiques mais de tonalité opposée, blanc/ noir, aux franges transitionnelles. Un globe hétérogène, suspendu, se balance entre les deux, accentuant le vide intermédiaire et confirmant le rôle de juste milieu. L'Idée de dualité, de complémentarité, d'alternance, se prolonge par une morphologie changeante. Une forme oculaire se donne à voir de tous, observant tout un chacun. La finitude de l'œuvre le dispute à la richesse inépuisable du concept. La tradition taoïste se fond dans la Post-modernité.

L'ESTHETIQUE

Elle baigne l'exposition de même que la lumière inonde les œuvres. Décomposons-la en fonction des sujets sur lesquels elle porte , à savoir, les paysages, les représentations, les objets.

LES PAYSAGES semblent issus de la contemplation de la Nature, ce que Kant considérait comme sublime et dans laquelle les sages fondaient leur Spiritualité et les lettrés leur Inspiration. Citons:

 '' Le Mont Fuji dans la brume '' de Biho KONDO, ( 73 ),

 '' Le lac clair...'', de Taiei OHKUBO '', ( 78 ),

 '' Le soleil de Lowland '', de Yoko MATSUMURA, ( 58 ),

 '' Le soir '' de Denis PERUS, ( 175 )

 Les paysages urbains poétisés et stylisés sont à rapprocher de ces derniers:

 '' Paris je t'aime '', de Kojiro AKAGI, ( 227 ) qui a eu le Prix de peinture des ''Amis du Salon d'Automne '' présidé par Jean DESVILLES..

 LES REPRESENTATIONS

 '' Méditerranée ''. Ce vaste tableau de Monique BARONI, (94, 95), se présente comme une fresque musicale fondée sur un accord parfait mineur et des couleurs complémentaires (orange/vert / mauve). La diversité des paysages et des êtres est rassemblée autour et au-dessous de l'unité marine. Les terres brulantes vibrent au premier plan. Les personnages étirés en une arabesque devisent latéralement dans une fraicheur paisible. La lumière, omniprésente rehausse la blancheur des étoffes, l'écume des vagues. Une douceur ardente semble régner sur ces glacis et ces camaïeux, dignes d'un Bonnard. Un seul bémol dans cette harmonie, la présence d'un réseau foncé et crispé, sur son tiers gauche, travaillé par le rouge.

 '' La Sérénade à Rialto'' d'Hervé LOILIER (96),fait penser à l'atmosphère bucolique du ''Concert Champêtre de Giorgione et/ou du Titien, aux aspirations mélancoliques et résignées des''Femmes d'Alger '' de Delacroix, dans leur harem , ainsi qu'aux désirs inassouvis du '' peintre et de son modèle ''. C'est le rêve mythique d'un pont doré entre un passé fabuleux et le présent, l'Etre et le Devenir, fait d'Harmonie et de Beauté.

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LES OBJETS

 Parmi les nombreuses sculptures qui mériteraient d'être nommées et décrites, Thétis et Osmose retiennent l'attention

 ''Thétis'' Cette sculpture de JULI, faite de matériaux composites ( bronze, verre, bois flotté ), représente une nymphe marine, la mère d'Achille. En fait il s'agit d'une Chimère composée d'une tête de femme, et d'un corps d'ammonite. La symbolique féminine est affirmée par la beauté des courbes et la luminescence du corps spiralé.

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(Cliquez pour agrandir l'image)

  '' Osmose '' l'artiste, Frank LE RAY qui est également un cavalier transmet sa passion pour sa monture. Le cheval est présenté en buste. La tête étincelle avec sa peau de cuivre épousant une structure de résine bétonnée. Elle est prolongée par une encolure d'acier enrobé. La Nature, l'Homme et le Cheval, sont en symbiose

LA PSYCHE

C'est dans les profondeurs de la Psyché que l'amateur d'art va poursuivre ses recherches dans le Salon d'automne. Voici quelques pistes:

'' Le monde du Désir '' de Tertio NAGAKAWA, ( 76 ), montre un bouillonnement germinatif, enracinement du moteur de la vie.

 - Les fantasmes de Séduction, de Puissance et d'éternité sont suggérés par

le chatoiement spiralé d'une ''Femme dansant au bord d'un lac '', d'Oisans ONO, ( 79 ),

- l'affirmation phallique et futuriste de '' La Tour D2 la Défense '', ( 45 ), du Cabinet d'architecture Antony BECHU,

- la vision sculpturale de la ''Création du Monde '', '' Vagina '' de Marco BENAGLI; ( 250 ),

- la représentation lacanienne, aboutie du '' Nœud Boroméen '', '' Sinthome'' de Françoise GALLE reliant le Réel, le Symbolique et l'imaginaire chez tout un chacun.

 L'illustration de cette vision se retrouve dans le travail de Céline PONS, '' Fantasme '', ( 236 ).

L'OUVERTURE

 sur la diversité culturelle accueillie au Salon nous avons parlé de la Chine et du Japon dans les différents chapitres précédents.

Mais il nous faut aussi évoquer la richesse de l'apport du monde Arabo-Musulman avec l'Égypte et le Qatar avec :

- La représentation ''Expressionniste d'une arabesque scripturale, d' Abel-Fadiel SAMIER, ( 363 ),

- les menaces que font peser des oiseaux de proie sur la Place Tahrir .

L'apport du Brésil nous apporte sa fraicheur et sa spontanéité.

LE FUTUR

Parmi les oeuvres symboliques de cet avenir, un tableau, '' Le Net '', de Kobori REIKO, ( 137 ), fait penser à une oeuvre de Viera da Silva avec ses étranges rayonnages et perspectives. Elle met en scène la Toile Numérique et ses réseaux '' all over '' faits de liens fuligineux quadrangulaires et rayonnants, diffus et concentrés, polycentriques . L'unité et la diversité, l'organisation et le chaos sont dans le champ. L'Espace et le Temps, ont disparu. Un pur concept est là : Instantanéité, Omniprésence, Omniscience.

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La richesse des différents thèmes abordés par leSalon d'Automne 2011 permet de prendre conscience de l'Ouverture du Comité de Sélection et de son Président, Noël CORET, soutenus par l'inventivité des Artistes. Ce Salon semble apporter une vision nouvelle dans la présentation et la pédagogie de l'Art.

Pouvons-nous retenir l'importance individuelle et civilisationnelle de la recherche de Sens, de La Culture, des Points Harmoniques, c'est à dire d'Ethique et d'Esthétique, malgré les tensions, les affrontements et les souffrances de ce monde?

Pouvons-nous éluder l'approfondissement de l'Humanité, sa Psyché et ses différentes Cultures afin de mieux comprendre la Quête de l'Objet perdu, le Désir de rencontre de l'Autre et la Jubilation de la Connaissance ?