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15/04/2013

Hommage à ZAO WOU-KI

Le grand peintre français, ZAO WOU-KI , né à Pékin, vient de s'éteindre lentement sur les bords du lac Léman, à l'âge de 93 ans.

Après s'être imprégné de la culture et du savoir faire de l'école des Beaux Arts d'Hangzhou et au décours d'une exposition à Shangaï, insatisfait, il décide de partir à la conquête de l'Art Occidental.

Dès son arrivée à Paris, il s'immerge et s'enracine dans les hauts lieux des Avant-gardes, à Montparnasse, fréquente La Grande Chaumière, rencontre RIOPELLE, SAM FRANCIS, VIERA DA SILVA, expose à la Galerie de France, chez Pierre LOEB, avec SOULAGES ET HARTOUNG.

Il se lie d'amitié avec MICHAUX, puis avec MIRO . Il absorbe les pratiques figuratives dominantes, travaillées par l'abstraction, sous-tendues par la peinture à l'huile. Il évolue vers la poésie des ''Signes'' après la révélation, en 1951, du travail de KLEE à qui il rend visite en Suisse.

Il réactive alors, les méthodes et fondements de la peinture philosophique chinoise, dans une symbiose qui va devenir son style.

En 1970, il rencontre Françoise MARQUET, Conservatrice du Musée d'Art Contemporain de Paris qui va devenir son épouse. Français en 1964, il est progressivement reconnu internationalement. Il devient Grand Officier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, notamment.

En 1985, lors d'expositions à Pékin et Hangzhou, il diffuse ses connaissances sur l'Art Occidental.

Les tableaux qui m'ont particulièrement intéressé sont :

      -      En mémoire de May : 10.03.72

-      09.09.96

-      04.09.87

-      Hommage à André Malraux 01.04.76

-      Hommage à mon ami Henri Michaux 04.99/05.2000

Ce qui nous séduit dans l'art de ZAO WOU-KI 

C'est un sentiment de paix, la contemplation d'une nature harmonieuse, indéfinissable, où la beauté physique rivalise avec la spiritualité.

C'est la manifestation des forces de la nature en devenir, la présence des éléments dans leur affrontement et leur métamorphose.

C'est le souffle de l'énergie (CHI ou KI) , balayant l'espace infini, plongeant dans des profondeurs inconnues.

C'est la conscience de la plénitude et de la vacuité ( Wu ) et, dans l'alternance du TAO, l'importance du IN et du YANG.

C'est l'identification à l'immense Cosmos dans ses moindres détails, au CHAOS .

C'est l'impermanence de l'être, la finitude de toute chose, c'est le rien...

Mais c'est aussi la Lumière, purificatrice, régénératrice, signe de pensée créatrice et porteuse d'Espérance.

L'apport de ZAO WOU-KI est considérable :

Il incarne un symbole de Paix, de Vie.

Il s'impose comme un trait d'union entre la France et la Chine.

Il réalise une synthèse harmonieuse , entre une Tradition millénaire et la Modernité européenne.

Il démontre que l'Art est un espace ''Idéal'' d'être au monde.

Il restera présent aux nombreux artistes qu'il a influencés et aux amateurs qui l'admirent, par sa modestie, son humilité et la douceur énigmatique de son sourire.

05/04/2013

Marc CHAGALL : de la Guerre à la Paix

L'exposition qui se tient au Musée du Luxembourg, du 21 Février au 21 Juillet 2013, renouvelle l'intérêt porté à CHAGALL, son oeuvre et son évolution au cours de la première moitié du XXe siècle.

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Il a traversé la Révolution Russe, deux Guerres Mondiales, l'Exil.

Son imaginaire poétique, sa bienveillance naturelle ont sublimé l'amour reçu et les souffrances rencontrées en trois thématiques principales :

-La nostalgie de son village natal, Vitebsk,

-L'amour au sein de son couple et de sa famille,

-La tradition religieuse dans laquelle il a baigné.

En Biélorussie, pendant la Révolution Russe et la Première Guerre Mondiale, il est sensible à la population juive chassée de ses villages, aux mouvements de troupes, aux soldats blessés qui font l'objet de la première partie de l'exposition.

En 1922, à Paris, il illustre la Bible à la demande de son marchand et éditeur, Vollard, et développe sa vision du couple.

Contraint à l'exil, auxEtats Unis, il témoigne des souffrances durand la seconde Guerre Mondiale, évoque les pogroms qu'il a cotoyés, et symbolise le martyr du peuple juif par l'image de la Crucifiction. La mort de Bella, sa femme et son grand amour, en 1944, atteint son bonheur familial.

Après la guerre, il s'installe dans le Sud de la France, à Vence.

Son style évolue, ses couleurs deviennent plus vives, la Liberté et la Joie apparaissent.

Quelques tableaux marquants éclairent les différentes étapes qui vont de la Guerre à la Paix.

- Celui qui représente un village en feu et la fuite de la population,

-La Guerre(1943),  

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-Le Cheval Rouge, surmonté d'un acrobate, au-dessus d'un couple d'amoureux(1938-44),

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-La Crucifixion et son cortège de désespoir,

-La Danse, et l'épanouissement dans la joie(1950-52).

Ce qui est remarquable chez Chagall, c'est son style personnel, inclassable, narratif, à peine influencé par le Cubisme, (il a connu PICASSO), le Surréalisme ambiant de sa période parisienne, le Suprématisme de MALEVITCH qu'il a cotoyé et affronté en Russie.

Son onirisme jubilatoire, centré sur son amour débordant et poétique pour Bella, sa fidélité exemplaire pour son village natal et pour la tradition juive, font qu'il a résisté aux aleas de la Vie, et aux vicissitudes de l'Histoire.

Sa Philosophie Hédoniste, sa quête du Bonheur qui finit par triompher ne sont pas comme on aurait pu le penser, un déni de la Réalité, mais elles puisent leur source dans sa Foi dans la Vie et les leçons du Message Biblique élargi à l'Humanité.

CHAGALL restera celui qui a répondu à la Shoah parle Rêve de Jacob,à la Souffrance par la Crucifixion, et à l'Horreur par l'Amour et la Joie, dans l'Affirmation de la Loi, celle acceptée et répandue par MOÏSE dans le Décalogue.

22/03/2013

Marie LAURENCIN au Musée MARMOTTAN MONET

C'est un bel hommage qui est rendu par le Musée MARMOTTAN MONET à Marie LAURENCIN, une Femme Artiste, Libre, de la ''Belle Epoque'', témoin de la sensibilité française et des avant-gardes dont elle est issue.

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D'origine modeste, fille d'une mère célibataire qui vit dans le quartier de Montmartre, elle fréquente brièvement l'Académie HUMBERT où Georges BRAQUE est son condisciple, et où, Henri-Pierre ROCHÉ la soutient. Elle fréquente la pépinière artistique du Bateau-Lavoir où vit et travaille PICASSO qui la présente à Guillaume APOLLINAIRE dont elle devient la ''Muse''. Elle cotoie Max JACOB, Gertrude STEIN, Le Douannier ROUSSEAU, André SALMON.

Elle expose au ''Salon'', dans ''la Maison Cubiste'' puis à l'Armory Show de New York.

On apprécie la délicatesse de ses femmes, couleur pastel, séductrices et réservées, stylisées, au regard noir et bridé qui symbolisent l'éternel féminin et semblent être autant d'autoportraits. Telles un bouquet, ses Rondes de Ballerines diffusent un parfum poétique. MATISSE, DERAIN, PICASSO, la reconnaissent.

Marie Laurencin, Danseuses, vers 1939©Adagp, Paris 2012.jpg

Les marchands,Clovis SAGOT, puis Paul ROSENBERG, les commanditaires l'entourent. Les femmes de notables, comme Lady CUNARD, sollicitent leur portrait ainsi que Coco CHANEL.

Epouse de Otto Van WATJEN elle le suit en Espagne durand la première guerre mondiale.

Au retour de leur exil, elle divorce et plonge dans la vie des ''Années Folles''. Elle s'intéresse alors davantage au monde des lettres. Elle recherche l'amitié de COCTEAU, Paul VALERY, André GIDE, John PERS, notamment. Elle poursuit la rédaction de ses ''Carnets de Nuit'', où sa prose se fait introspective, atemporelle, et révèle des poèmes dont l'imaginaire, peuplé de paysages, d'un bestiaire symbolique, évoquant des contes et des fables.

Sa recherche d'identité dont on suit l'évolution dans ses Carnets, se poursuit. Après un repliement narcissique, elle se redéploie progressivement dans une ouverture plus grande aux autres, une liberté de mœurs où le saphisme n'est pas exclu.

L'expression multiple de son art, par la peinture et l'écriture, caractérise le pluristylisme et le plurilinguisme des avant-gardes dont elle fait partie.

Les ''ambiguités de Marie Laurencin, le dualisme qu'elle manifeste, vont de pair avec la construction de son être à travers la peinture qui la libère, la signifie et l'idéalise, mais aussi avec sa prose qui l'intériorise et la poésie qui ouvre son imaginaire.

Sa quête personnelle, dont le père semble absent lui permet de se rapprocher progressivement de sa mère.

Cette retrospective qui permet de la révéler au grand public,a pu avoir lieu grâce, en partie, au musée japonais fondé en 1985 par M.TAKANO qui appréciait, la sensibilité toute française, l'essence féminine, les aspirations japonisantes, la symbolique forte du ''Inn'', consubstantiel du ''Tao'' de cette personnalité.

Ce que les amateurs d'art retiendront, chez Marie LAURENCIN,

- c'est la beauté des femmes, séductrices et mystérieuses, qu'elle a peintes toute sa vie,

- c'est le symbole de Liberté d'une Artiste, complexe dans sa modernité créatrice,

- c'est la ''Muse'' ayant inspiré des générations de poètes et de chanteurs

qui méritait bien, enfin, cet hommage.

Marie Laurencin, Le baiser, vers 1927©Adagp, Paris 2012.jpg

 Pour en savoir plus sur cette exposition, suivez le lien : www.marmottan.fr