Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

07/04/2015

Pierre LESC

Pierre LESC est un peintre de l'Ecole de Paris, élève de Jean BERTHOLLE, membre de l'Institut. Celui-ci a côtoyé BISSIERE, BAZAINE , LE MOAL.

Parallèlement, il fait ses études de Médecine à Paris, exerce aux Antilles, tout en continuant à peindre et à photographier.

Il participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives dans des Salons, en France et à l'étranger. Il expose notamment à ''La Petite Galerie'', rue de Seine et à la Galerie Clusseaux, Rive Gauche.

Il vit et travaille à Sète actuellement.

J'ai eu l'agréable surprise de découvrir ses œuvres à Cournonsec, un bourg viticole de l'Hérault. Son Exposition, ''Les DEMOISELLES'' évoque l'influence des disciples de MANESSIER.

Pierre LESC explique le déroulement d'une de ses créations par des tâches qu'il jette sur la toile dans des gestes larges qu'il structure ensuite par des dessins au fusain, sa matière noire.Un médium particulier lui permet de travailler la transparence et d'harmoniser des transitions aux charmes inattendus.

pierre lesc, bertholle, baissière, bazaine, le moal, manessier, les demoiselles, giacometti, école de paris, biomorphe,  matière noire, gestuelle, figuratif, abstraction

 

D'autres toiles mettent en branle dans un mouvement tourbillonnaire des éléments d'aspect cellulaire, des structures para-neuronales, des dégoulinures interstitielles.

pierre lesc, bertholle, baissière, bazaine, le moal, manessier, les demoiselles, giacometti, école de paris, biomorphe,  matière noire, gestuelle, figuratif, abstraction

L'évocation des formes n'est limitée que par l'imaginaire de chacun, et l'on peut être surpris lorsqu'il explique que cette terre rouge-orange délimite un cimetière d'où se détachent des croix incertaines et des êtres éthérés.

pierre lesc, bertholle, baissière, bazaine, le moal, manessier, les demoiselles, giacometti, école de paris, biomorphe,  matière noire, gestuelle, figuratif, abstraction

Quel donc ce visage qui veut sortir de sa lucarne pour découvrir le monde ?

pierre lesc, bertholle, baissière, bazaine, le moal, manessier, les demoiselles, giacometti, école de paris, biomorphe,  matière noire, gestuelle, figuratif, abstraction 

Mais qui sont ces personnages filiformes qui se déplacent à grandes enjambées, sur un fond joyeux, à la manière de GIACOMETTI ?

pierre lesc, bertholle, baissière, bazaine, le moal, manessier, les demoiselles, giacometti, école de paris, biomorphe,  matière noire, gestuelle, figuratif, abstraction

La peinture de Pierre LESC tire ses influences de ses expériences multiples.

Elle évolue entre abstraction et figuration. Si les variations de ses couleurs traduisent les nuances de ses sentiments et de ses émotions, la gestuelle exprime l'énergie qui l'habite car une vie intense grouille dans cette psyché où tentent d'émerger des structures biomorphes complexes et des êtres cryptés qui aspirent à une nouvelle naissance.

 

27/03/2015

ECRITURES CONTEMPORAINES de l'ARPAC

L'ARPAC, Association Régionale pour l'Art Contemporain, présente une exposition originale, rassemblant les œuvres de 21 artistes.

Cette manifestation se déroule dans le domaine de Henri Michel MORAT qui depuis trente ans favorise l'émergence de talents et de concepts novateurs dans l'agglomération de Montpellier.

Trois artistes retiendront notre attention : Bénédicte AZAN, Félip COSTES, Anne GUILLON.

 

Bénédicte AZAN

qui a fréquenté l'école des Beaux Arts de Paris et de Dijon, met la transparence et la lumière au service de sa vision poétique. Elle est soutenue par une technique éprouvée allant de l'aquarelle à une peinture complexe que le tableau ci-dessous illustre parfaitement.

IMG_3736.jpg

Felip COSTES

nous donne à voir dans de vastes œuvres la rencontre inattendue et chaotique de mondes différents par leur nature et leur temporalité.

Nous assistons à la coexistence de massifs montagneux archaïques avec des phénomènes météorologiques floconneux, et contingents.

Cela évoque les temps différents dont le philosophe Michel SERRE parle dans son '' Grand Récit de l'Univers'', mais aussi le caractère éphémère du sourire de la Joconde face aux massifs alpins.

IMG_3732.jpg

Anne GUILLON

est une plasticienne autodidacte. Elle mène ses recherches jubilatoires grâce à des techniques mixtes autour de personnages oniriques, imprécis et touchants évoquant la démarche inconsciente et narcissique de Marie LAURENCIN.

Son ''écriture'' inimitable laisse une large place à des assemblages divers où des papiers collés, des empreintes de tissus, des glacis, des encres et des poudres diverses, voire des pastels ou des sables.

 Le résultat est poétique et charmant. Le rêve et le désir planent comme dans une méditation de jeune fille.

IMG_3730.jpg

20/03/2015

Leopold RABUS à Montpellier

Le Carré Sainte, sous la Direction de Numa HAMBURSIN, présente une Exposition composée d'une quinzaine de grandes toiles de Léopold RABUS.

Ce jeune peintre suisse de trente huit ans, tire son inspiration de sa campagne natale peuplée d'animaux et d'êtres mystérieux, investis par ses fantasmes.

Ses modèles sont les maîtres du ''Clair-Obscur'', du Naturalisme voire de l'Hyper réalisme'' transgressif, à la limite du Surréalisme.

Il est influencé par le travail préalable qu'il a développé au théâtre et par les techniques videos et cinématographiques qui le plongent dans la modernité.

L'exploration et la description en diagonale de quelques œuvres s'avère périlleuse car elles sont subjectives, contingentes et partiales. Elles mêlent la polysémie des significations de l'artiste aux projections du critique. Alors qu'elles devraient laisser place à la libre interprétation du spectateur. Aussi c'est en amateur lambda et avec un regard neuf qu'il conviendrait d'aborder ces œuvres.

Quatre toiles, plus ou moins arbitrairement choisies vont faire l'objet de notre attention :

La Femme au Canari.

Une femme nue, un bandeau blanc sur la tête, nous donne à voir de magnifiques fesses sur lesquelles tombe une lumière crue. Elle est observée de 3/4 et de dos. Elle tient fermement, dans sa main droite un canari. Elle regarde également un autre canari s'agitant dans sa cage. Une obscurité progressive les enveloppe.

femme canari2.jpg

Cliquer pour agrandir les images

 

Nous assistons vraisemblablement à une méditation sur le Désir féminin ainsi qu'une réflexion sur la Liberté.

Le Jeune

Dans un taudis innommable, des récipients métalliques sont suspendus par des ficelles comme dans un mobile de CALDER 

le jeune.jpg 

Un homme d'allure grotesque est assis sur une caisse de bois. Il contemple son abdomen blafard. Il touche son flanc droit de sa main gonflée qu'on devine noircie, nécrosée. Son doigt pointe une plaie qui suinte encore et dont on ne comprend pas la cause. Mais on pense à l'endroit où le Christ fut percé d'un coup de lance.

Ce réalisme analogue au tableau de RIBERA, ''Le Pied Bot'', évoque un documentaire sur le Quart-Monde.

Du Dur au Mou

Ce titre, digne d'un ancien élève des Beaux-Arts, nous dévoile une femme allongée, vêtue d'une robe en dentelle, bleu-noir. Elle est recroquevillée, en position de défense. Est-elle dans un demi-sommeil ou pleure-t-elle dans ses mains ?

Elle est entourée, comme dans un ring par des cierges dressés et menaçants. Ils délimitent un espace restreint mais vide. La perspective est distordue. La femme est en décubitus latéral gauche, de face, à droite, et presque sur le dos au niveau du bassin et des membres inférieurs.

Un linge couleur chair se verticalise au voisinage de son sexe.

On note une grande bassine d'eau noirâtre en avant et une autre rougeâtre sur la droite.

Des rayonnages étiquetés, verticaux, au fond, comme dans une bibliothèque ou une clinique, s'ouvrent et s'inclinent à gauche, dans une perspective improbable.

Trois lampes tempête éclairent les jambes de la jeune femme.

sainte anne,montpellier leopold rabus,caraavage,lacan,crucifixion,resurrection

La symbolique mortifère des cierges réveillent des fantasmes dans ce lieu évoquant une sacristie aux allures de salle d'opération clandestine.

Quel drame affreux a du vivre cette femme ''clivée'' comme dirait LACAN ?

Notons le Réalisme d'un arrêt sur image dans ce Clair-Obscur de la Psyché et de la peinture.

Appâts d'eau douce

Une tenture blanche, immaculée et déchiquetée, en croix, s'ouvrant vers le haut, laissant apparaître à ses pieds un magnifique parterre de fleurs couleur sang, rose et jaune.

Àu fond et à droite, un arrosoir vert.

Trois à quatre poteaux l'entourent à distance.

Au premier plan, une cruche ocrée, largement fendue, est recouverte d'un lambeau de la tenture blanche, rehaussé d'une fleur « rouge-vie ».

Entre ces trois éléments, qui resplendissent, une main coupée, verdâtre, crispée enserre des lombrics.

Un fond brun sombre donne le tragique de la scène et fait ressortir la lumière.

Comment donner sens à ce tableau étrange qui ressemble à une nature morte.

La force dramatique, caravagesque, de la composition nous amène à évoquer un déplacement de sens, une allégorie, celle de la passion du Christ, sa crucifixion, la descente de croix, la mise au tombeau et sa résurrection.

appats .jpg

D'autres toiles auraient mérité qu’on s'y attarde, traduisant l'amour de la nature et de l'écologie, la proximité des humbles, la dette envers les maîtres anciens, l'exacerbation des sens, la dynamique du mouvement, l'actualité brûlante et la transgression de la loi.

Léopold RABUS s'avère plein de promesses. Ses recherches et son inconscient nous laissent espérer de grandes réalisations futures que nous serons heureux d'admirer.