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28/10/2013

Chiharu SHIOTA After the Dream 2O13 Exposition proposée par les Amis du Musée Fabre, au Carré Sainte Anne à Montpellier

Chiharu SHIOTA poursuit sa quête de sens et son spleen à Montpellier après avoir exposé ses mystérieuses et angoissantes Installations en Grande Bretagne, à Paris et à Lyon, notamment.

La spiritualité de l'ancienne église Sainte Anne, l'architecture de ses colonnes et de sa voute ont créé une ambiance, une compliance structurale immersive propre à honorer les recherches de l'artiste japonaise. 

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Au sommet de cette pyramide, quatre longues robes blanches, éclatantes sous la lumière zénithale des projecteurs, sont phagocytées dans un réseau de filaments noirs qui remplissent la nef, telles des spectres après leur nuit de noce.

Toute la dynamique de l'installation est là, entre la quête des objets lumineux, surdimensionnés et désirables et le tissage dense, obscur et impénétrable qui les rend inaccessibles et mystérieux.

Née à Osaka en 1972, elle étudie les Beaux Arts à Kyoto, à Camberra, à New York, puis s'installe à Berlin. Elle expose dans le monde entier,. Ses œuvres sont retenues à Osaka, Tokyo, Helsinki, Berlin...

Les sensations ressenties en pénétrant dans l'exposition sont un malaise, une oppression. Le silence est pesant le long de la partie latérale de la nef, un déambulatoire réticulé et obscur.

Des métaphores confuses tentent de donner sens à ces impressions.

Sommes-nous des prisonniers mythiques de ce labyrinthe, côtoyant une immense toile d'araignée, cherchant notre salut dans un improbable fil d'Ariane ?

Sommes-nous, comme ces immenses ''Robes-chrysalide'' dans un cocon, en pleine métamorphose ?

Faut-il s'échapper par le haut, dans une vision transcendantale et contempler cet amas de neurones et de dendrites assimilé à un cortex cérébral ?

Mais, ces structures noires et filamenteuses qui constitueraient la matière omniprésente de l'univers n'évoquent-elles pas celles du cosmos ?

L'imagination s'enrichit de la ''Toile numérique'', omnisciente, pluricentrique, instantanée.

La conscience s'apaise, l'analyse reprend ses droits :

On recherche les influences créatrices qui ont étayé son œuvre.

On reconnaît celle de Christian BOLTANSKI et de ses ''memento mori'' liés à la Shoah.

On nous signale, parmi d' autres, celle de Rebecca HOM et son travail du corps dans l'espace, chaque segment de fil noir pouvant être assimilé au déplacement de l'artiste ou d'un assistant.

Des concepts ayant présidé à cette œuvre  peuvent être mis en évidence :

La philosophie du Tao, avec les notions complémentaires de vide et de plein.

La notion d'Espace et de Temps, ainsi que l'évocation de la Mémoire, celle de l'artiste, qui lui est personnelle.

La Spiritualité, prégnante en ce lieu, avec l'Immanence et ses réseaux, la Transcendance dans la structure pyramidale.

La Psychanalyse peut également être évoquée:

Dans les Fantasmes de l'artiste, ses obsessions, ses angoisses de mort,

Dans son désir et sa recherche de l'objet perdu, manquant et figuré,

Dans la structure informelle, indéfinissable de l'Inconscient, éclaté dans un chaos universel,

Dans l'Imaginaire des représentations objectives et subjectives,

Dans la recherche de la Loi.

Dans la Symbolique plurisémique des métaphores.

L'Unité est à trouver

Dans la structure de l'élément de base, le ''fil noir''.

Dans la vision de la globalité,

Dans la lumière enveloppante et structurante,

Dans l'histoire de l'artiste, ses influences et dans l'histoire de chaque spectateur.

Ce qui nous a en définitive le plus marqué, c'est la quête éperdue de la Trace, de la Vie, qui se cache dans ces robes fantasmatiques, leur culture, leur lignée génétique, dont il est difficile de faire le deuil car il porte en soi celui de son propre destin.

Cette Installation, d'un grand intérêt est à rapprocher de la Trans Méta Peinture actuelle.

 

26/09/2013

TRANS-MODERNITE ?

Chers Amis Internautes,

Après l'interruption estivale c'est avec plaisir que je reprends contact avec vous car j'aimerais connaître vos réflexions ou émotions après la découverte de lieux, de livres ou d'idées nouvelles et échanger avec vous les intérêts ou émotions ressentis.

Pour moi, un livre très dense qu'on ne peut lire qu'avec attention et application a orienté mes recherches et enrichi mes réflexions. Il s'agit du livre-catalogue de Bernard-Henri LEVY sur ''l'Art et la Philosophie'' ou ''L'Aventure de la Vérité'' . BHL, penseur-homme d'action considère que PLATON a attribué, jugé et induit un rôle mineur à l'Image et aux Arts par rapport à l'Idée, aux Concepts, bref à la Philosophie.

Mais, je me demande, cependant, s'il a interrogé l'importance des Valeurs qui ont influencé la civilisation gréco-judéo-chrétienne et notamment celles qu'on a appelées le Platonisme puis le Neo-Platonisme avec la notion de Beau, de Bien, de Vrai mêlant la Vérité à l'Esthétique et la Morale.

Une récente déambulation dans les lumières des Grands Magasins a prolongé et illustré cette méditation et suggéré des métaphores intéressantes. 

Aux Galeries Lafayette, deux blocs noirs de GUERLAIN et de Christian DIOR, au rez-de-chaussée, évoquent le pèlerinage de riches acheteurs internationaux. Les colonnades, les arcades et la coupole accentuent la perception mystique de la scène. Les valeurs du platonisme sont présentes, la Beauté apportant la caution de qualité, c'est à dire pour certains, la ''Vérité du produit'' au Bien-être des hommes communiant dans les valeurs de la société marchande.

Un autre exemple d'esthétisme platonicien s'est imposé à moi : Sur les Champs Elysées, Louis VUITTON présente de prestigieuses vitrines avec de véritables squelettes dorés de dinosaures, grandeur nature qui étincellent et arborent des sacs renommés pour le plus grand bonheur d'une clientèle mondialisée.

Au-dessus de la Boutique, s'est installé l'Espace Culturel Louis VUITTON, à l'image d'autre espaces culturels financés par des marques prestigieuses. Le thème actuellement traité est un thème où la philosophie, l'art et la psychanalyse s'entremêlent :

''Altérité, Je est un Autre '' http://www.louisvuitton-espaceculturel.com/index_FR.html

De jeunes artistes, photographes, dessinateurs, ''performers'', vidéastes du monde entier expriment leurs problèmes d'identité émergeant du groupe humain dont ils sont issus. Ils révèlent, d'une manière ''fractale'', les failles de leur inconscient individuel et collectif, la dualité de leur sexualité (androgynie, trans-sexualité...) et de leur culture (incomplétude de leur métissage, voire schizophrénie au sens anglo-saxon du terme), tensions mortifères de leur pays en conflit.

Tout ce qui est montré semble indiquer que la Culture et la Connaissance en devenir, viennent compléter les valeurs platoniciennes, enrichissant la communication, la diffusion des idées et l'ouverture aux autres et au monde.

On serait semble-il dans une Trans-modernité.

Je serais heureux de savoir si vous-même au travers d'expériences diverses avez eu cette même impression afin que nous puissions échanger sur ce sujet.

Bien amicalement.

 

05/06/2013

PAPEROLLES

Ce tableau de Jacques RESCH, peintre de l'imaginaire,est particulièrement intéressant car il ne s'adresse pas seulement au monde extérieur, mais il semble concerner le domaine de l'intime. On doit  le rattacher à ma note du 2O O5 13 sur Jacques RESCH. 

paperolles 2009 61x80.jpg

Cliquez sur l'image pour l'agrandir et la voir en entier

Le long d'une diagonale ascendante, domine à gauche un fond rouge intense et à droite, un petit coin de ciel bleu.

Un homme porte la problématique de l'artiste. Il s'agit de ''L'homme désespéré'', autoportrait de COURBET à 25 ans. Il semble vivre un cauchemar:

Dans une cité engloutie, un chaos inextricable, peut-être métaphore de son passé, s'étale sous ses yeux effarés.: 

Des végétaux marins pendent, tels des algues ou des lianes ou remontent à la surface comme des souvenirs à la mémoire. 

Des fragments distordus de moteurs d'avion gisent, épars, à moitié apparents, dans ce fatras indescriptible.

Sur un aqueduc en ruine,en bas et à droite, une locomotive, nommée MADOFF,scintille encore, brisée, au bord de l'abime.

Dans les replis des mouvements marins, en bas et à gauche, de petits papiers innombrables, délavés, indéchiffrables, appelés ''paperolles'', porteurs dès l'antiquité de voeux sacrés, semblent inassouvis,  anéantis.

Au centre, sur une lettre datée, déchirée et brûlée, est épinglée,  sur un autel déconstruit, la photo d'un visage souriant, qui sonne comme un adieu.

Une structure phallique émerge derrière.

Un ouvrage de CICERON, le contempteur des ''corrompus'', l' homme qui a parlé ''de l'Amitié'', est dissimulé dans un encorbellement feuillu, en haut et à gauche.

Quelques être minuscules, comme refoulés, tentent d'apparaître.

Que de brisures et de pertes! Que de deuils!...

Recherche-t-on un être ou un objet dans ce qui pourrait être un temps ou un paradis perdu?

Tout en bas, à droite, un couple âgé : Lui, médite. Elle, tricote, maternelle, une longue écharpe, à partir d'une volumineuse pelote à laquelle elle est reliée.

Comme sur une stèle à demi-ensevelie, la signature de l'artiste se prolonge d'un regard...