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05/01/2017

Raymond MUSTACCHI

Quel plaisir, d'évoquer son parcours, sa trace et son empreinte.

Issu du pays, mère de cultures plurimillénaires, l'Egypte, où le soleil est roi, au sommet des pyramides, Raymond MUSTACCHI est aspiré très jeune, par le rayonnement de la vie artistique française.

Il écrit des poèmes au ''Petit Louvois, un café-théâtre parisien, les mets en musique et les chante à St Germain des Près, Maubert ou Montmartre et dans quelques émissions de radio ou de télé.

Il côtoie Jacques BREL, Pierre PERRET, Yves MONTANT , Serge REGGIANI, PICASSO.

Il entre à la Sacem...

Il découvre les vitraux de Chartres et c'est le coup de foudre. Sa vocation est scellée.

Il cheminera de la poésie à la peinture, de la couleur à la lumière, du pragmatisme à la créativité, de l'altruisme à la spiritualité.

Les INFLUENCES de Raymond MUSTACCHI 

S'il est un peintre accompli, autonome, reconnaissable, mais toujours en évolution, il est intéressant de rechercher ses sources d'inspiration à travers la multitude des maîtres qui l'ont précédé.

Certes, les vitraux de Chartres ont été un phénomène déclencheur par l'éclat, la luminosité, la couleur et la spiritualité sous-jacente.

Des peintres coloristes comme RUBENS, et surtout, Van GOGH sont venus conforter cette impression.

PICASSO lui a transmis son audace et sa créativité communicative et

Nicolas de STAEL lui a transmis son goût pour la limite de l'abstraction.

MATISSE l'a marqué par l'épuration de la forme.

MONET s'est révélé influent par l'abstraction de ses fonds, si riches dans ses nymphéas, traduisant les remous de son inconscient.

André LHOTE , bien que peu coloriste, a laissé son empreinte par ses théories et sa pédagogie.

La description de quelques œuvres donnera la mesure de la diversité et de la richesse de Raymond MUSTACCHI : Citons

NU, LE PIANO DE CONCERT N°2, MUSIQUE DANS L'ESPACE

NU : Une femme accroupie, presque de profil, médite chastement, tournée vers son passé. Son corps est sculpté par la lumière qui nimbe le sommet de sa tête par une multitude de pinceaux lumineux, lesquels, venant du zénith, transcendent son être et l'arrachent à l'ombre qui l'entoure. La couleur rouge-orange de sa chair s'élève telle un vitrail vers le jaune cristallin de ses cheveux et le blanc immaculé de son vertex.

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MUSIQUE DANS L'ESPACE

Alto, violon, violoncelle et contrebasse, le quatuor s'entrouvre et se déploie tel un bouquet d'instruments.

Les courbes féminines des ''caisses de résonance'' se mêlent érotiquement aux ''manches '' rigides prolongés par leur ''volute en de baroques arabesques.

Les ''cordes'' vibrent sous la lumière de toute leur ''âme''.

Puis des rythmes syncopés apparaissent. L'énergie des rouges fait chanter joyeusement les jaunes et la spiritualité bleutée en des accords parfaitement mélodieux.

Les instruments rutilent et se fragmentent en ce monde musical éclaté.

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L'ANNEAU de MOEBIUS

Est-ce l'anneau de Moebius figurant la psyché, ou bien une ''pellicule cinématographique'', celle d'une vie, enroulée, déroulée, blanche d'un côté, ombrée de l'autre, codée, barrée d'une manière subliminale, sur un fond ''B.K.I.'' allant du caeruléum à l'indigo ?

Le tortillon vital évolue dans l'espace, tel un A.D.N. géant, dessinant un 8 couché, évoquant l'infini, revenant, coloré des expériences traversées pour se fondre dans l'immensité spirituelle des bleus et des énergies écarlates de mondes inconnus.

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22/05/2015

Romain VENTURA

Ce jeune artiste, sorti de l'Ecole des Beaux arts de Montpellier Agglomération expose ses créations à L'ARPAC.

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Avec une grande fermeté, il retrace la vie quotidienne glanée par son appareil portable numérique. Son dessin, vigoureux et monumental précise l'attitude d'un joueur de jeux video ou d'un clochard, campe un ouvrier penché sur son marteau piqueur.

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Progressivement, la peinture se substitue au dessin d'une manière pointilliste voire impressionniste. L'instantaneité, dépassant la pose et le mouvement prend une allure parfois méditative.

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L'artiste a les yeux grands ouverts sur les autres et le monde. L'abstraction est bien derrière, un nouveau cycle s'annonce.

 

13/05/2015

Markus LÜPERTZ

Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris présente Markus LÜPERTZ comme une figure majeure de la peinture européenne actuelle.

140 œuvres retraçant un parcours exemplaire, fait de recherches multiples, s'appuyant sur la métaphore de la Culture et de l'Art pour bâtir une cohérence à son œuvre et donner sens à sa vie d'artiste.

Markus LÜPERTZ, né en 1941 en Bohème, émigre en 1948 en Allemagne, s'installe à Berlin en 1962.

Influencé d'abord par l'Expressionnisme abstrait américain et le Pop Art, il crée la série ''Donald Duck''.

Puis, s'écartant de la gestuelle et de l'expressivité, il s'oriente vers une construction réfléchie des objets existants, simplifiant leur forme, grossissant certains détails, il évolue vers la monumentalité. C'est la Peinture dithyrambique (1963-1976), où la figuration et l'abstraction cohabitent en des créations inédites.

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© ADAGP, Paris 2015 

Des Motifs Allemands, (1970-1976) liés à l'histoire récente, casques, uniformes, insignes, apparaissent, noyés dans un environnement neutre. Ils sont jugés, alors comme des provocations.

Une Peinture de Style (1977-1978) : L'abstraction progresse. La forme est devenue le motif lui-même.

Congo (1981-1982) : On note une orientation cubiste et constructiviste, notamment dans certaines sculptures. LÜPERTZ parle alors de ''lâcher les sculptures dans la réalité'' et de ''dépeupler ses peintures''

D'après Poussin (1989-90) : Il utilise des fragments d'oeuvres de POUSSIN, GOYA , COURBET comme des collages, vers une nouvelle simplification, une véritable abstraction, un nouveau langage.

La Guerre 1992 : Elle est au centre de la problématique de LÜPERTZ. Quatre tableaux suggèrent la barbarie. Le langage allégorique, tout en atténuant les violences permettent d'atteindre l'Universel.

Le Sourire Mycénien 1985 : Dans ''Printemps'', un jeune guerrier, mortellement blessé, au sourire imperceptible, affronte la fatalité divine en l'acceptant. LÜPERTZ va pouvoir poursuivre sa quête. 

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© ADAGP, Paris 2015 

Hommes sans femmes, PARSIFAL (1993-97) : LÜPERTZ s'inspire de Perceval, figure de la légende arthurienne magnifiée par le génie de Richard WAGNER.

La figure de Parsifal, aplatie, abstraite, symbolique, est une présence-absence en devenir. Ancrée dans le vide et le néant, elle est le support de fantasmes métamorphiques, aux confins de l’innommable.

Nus de dos (2004-05) : Inspirés de MATISSE, les nus de dos évoluent vers des torses. Des objets(tortue,truelle...), juxtaposés répétitifs, dépourvus d'émotion apparente, semblent être un rappel de l'éclatement de l'être en voie de réparation.

Arcadies 2013-15) : des tableaux monumentaux convergent vers la mythologie du bonheur, vers ces paradis perdus, au bord de l'eau, dans des barques salvatrices et ludiques où hommes et femmes nus peuvent contempler sans crainte un tout jeune bébé adossé à un casque allemand, coquille vide d'un mollusque sans défense.

L'affiche de l'exposition superpose le nom de Markus LÜPERTZ au visage de ce bébé retrouvé. 

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© ADAGP, Paris 2015 

Markus LÜPERT, né pendant la guerre n'a eu de cesse de dépasser le traumatisme de cet événement comme ont du le faire Georg BASELITZ ou Jörg IMMENDORFF.

Il a convoqué la Culture Universelle avec ses mythes et ses légendes. Il s'est inspiré de l'art des antiques, des maîtres anciens et modernes. Il a développé un nouveau langage plastique et une nouvelle pensée créatrice. Il a indexé son idéal et son unité dans une perfection que son personnage semble vouloir incarner.