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07/03/2013

JACQUES RESCH ou la quête de l'impossible

RESCH est un peintre français né à Montpellier en 1946.

Après avoir présenté ses oeuvres dans les grands salons parisiens, il a exposé ses toiles Rue de La Boëtie, à Paris, dans la Galerie Boulet, largement dédiée aux maîtres contemporains de l'imaginaire.

Peintre surréaliste et hyperréaliste, il laisse entrevoir les influences de BOSCH, et de DALI., mais également la convivialité et la truculence de BRUEGHEL et de DUBOUT.

De formation scientifique, il enseigne la physique et la chimie. Il porte une grande admiration à Leonard de VINCI qui a su associer l'observation rigoureuse de la nature à la Création scientifique et artistique..

Sa technique picturale très précise et minutieuse repose sur les prescriptions traditionnelles de Xavier de LANGLAIS qui perennisent les fonds et illuminent délicatement les ciels.

C'est en Afrique, au Burkina Faso, qu'il choisit de vivre, de peindre et d'exprimer sa vocation humanitaire. C'est là, qu'il prend conscience d'un panthéïsme animiste et des contradictions du monde occidental. Son objectif, comme il le dit lui-même c'est la recherche de la Paix et de l'Equité pour le bonheur des hommes.

Quelques tableaux, figuratifs et oniriques vont éclairer ses révoltes, ses fantasmes et ses angoisses comme on peut le voir dans : ''La Vengeance des Fleurs'', ''L'Axe du Mal'', ''Mécaniques floues'', ''La Centaure'',''L'Angoisse du Temps'', choisis parmi tant d'autres (Cliquez sur l'image pour l'agrandir).

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La VENGEANCE DES FLEURS: Ce combat futuriste entre l'Homme et la Nature a déjà eu lieu au Cambodge. Les temples kmers n'ont pas eu le dessus. Dans le tableau de J. Resch le conflit est dramatisé. La végétation luxuriante liée au réchauffement climatique a fissuré le béton, dévoré les immeubles. Les plantes carnivores ont vaincu l'homme. L'Harmonie entre la Nature et l'Homme a été rompue.

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L'AXE DU MAL: Dans une ville dévastée, où la Guerre impose son empire et sa loi, une Noce festoie gouluement au détriment de noirs faméliques enchainés à leur table, Jouissance mortifère dans l'indifférence et le Chaos. Pulsion de Vie / Pulsion de Mort. L'Ethique est bafouée.

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MECANIQUES FLOUES: Un crane lisse, dolichocéphale, vu en plongée, sur fond noir, est relié par des cables multicolores à une machinerie complexe qui semble paradoxalement l'analyser. Une matrice d'ordinateur domine et gère l'ensemble. L'omme-objet est observé par ce ''Deus ex machina''. La relation Homme-Machine s'est inversée.

LA CENTAURE : Qui détient l'Autorité ? Semble nous dire cette toile.

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Est-ce la gent féminine ? Au milieu, sur une plage, une Centaure, exposant sa croupe et son sein, débande son arc vers la mer en hurlant. Sur la gauche, deux femmes blanches, dénudées, s'adonnent à des jeux sado-maso avec un noir enchainé, souriant. Une grosse femme, nue, jambes écartées, à la volumineuse poitrine ressemblant à unecaricature de Dubout, est honorée par un noir microplasique.

Est-ce ce Négrier blanc, vêtu de noir qui surveille, une cravache à la main, des groupes de noirs enchaînés ? Au loin, des mercenaires en uniforme menacent des ''indigènes'' asservis.

Est-ce la Nature ? Car une énorme vague, analogue à celle d'OKUSAÏ, un véritable Tsunami, a déjà détruit une goëlette d'où s'échappent des naufragés nus et enchainés. D'autres sont projetés dans les airs ou bien sortent de leur cage.

Est-ce la Civilisation ? Un avion en perdition va s'écraser sur les humains...

La complexité du tableau fait ressortir le pouvoir oppressif des Hommes ( Les colonisateurs et les négriers), le désir et la jouissance sauvage des Femmes, le déchainement de la Nature et de la Civilisation.

Mais, quelques femmes blanches, correctement vêtues, semblent prendre conscience des dangers et prient.

Au centre, se dresse, debout, devant les Tables de La LOI, MOISE, le Flambeau de la Liberté à la main.

Est-il en train de frayer un chemin à son Peuple, celui de la Libération de l'esclavage lors du passage de la Mer Rouge?

L'ANGOISSE DU TEMPS: Dans cet espace clos, les différentes manifestations du temps sont figurées, précisées, suggérées.

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Le Temps de la Naissance et du sein maternel,

Le Temps de la Vie, du Désir, des lèvres sensuelles, de la pulsion scopique, de l'Homme-Animal masqué, de la cave aux secrets inavouables.

Le Temps de la Mort, de l'Horreur, de l'arrêt des pendules, de la fossilisation, de la dégradation et des déchets.

Sous le Regard fixe, tanscendantal et culpabilisant, les traces de la culture, et des Etres s'effacent,la Lumière diminue et s'éteint.

Que retenir de RESCH ?

Son caractère inclassable est double. Sa peinture est hyperdessinée, sculptée, voire ciselée telle une enluminure. Mais cette rigueur formelle, comme chez DALI, se détache sur des fonds qui en augmentent le relief. Leur transparence, leur gradient d'intensité ou leur profondeur est en harmonie avec le caractère onirique ou surréaliste du thème de chaque oeuvre.

Les Désirs, les passions se déchainent et n'ont plus de frein.

La Jouissance est parfois mortifère. L'Injustice, les transgressions de la LOI montrent les limites du tolérable et proposent une nouvelle Ethique. Les Fantasmes de Castration en sont la sanction.

La confrontation de la société africaine, panthéïste, admirative de la Vie et de l'immersion dans le Grand Tout est confrontée au désir de domination, voire d'exploitation du monde occidental.

RESCH s'est enraciné dans l'Histoire médiévale, moderne et contemporaine de la peinture.

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Il est remonté aux origines de nos civilisations en plongeant dans l'inconscient collectif aux confins de l'innomable...

05/02/2013

Edward HOPPER

L'exposition HOPPER qui vient de se terminer au Grand Palais (www.grandpalais.fr/grandformat/exposition/edward-hopper/) confirme l'engouement du public pour des peintres que soutient leur société de référence et dont la peinture, facilement identifiable, a un fort potentiel d'identification.

Né en 1882 à Nyack, village sur les bords de l'Hudson, ce peintre pétri d'influences européennes semble avoir incarné un naturalisme américain dans un clivage nature / culture, analysant et décrivant la classe moyenne et la société moderne américaine en mutation. Il projette un regard mélancolique et distancié sur la solitude des êtres et leur incommunicabilité.

A New York, sa formation artistique est marquée par l'enseignement de Robert HENRI, peintre réaliste de la vie urbaine, membre de l'Ash Can School.

Il séjourne à Paris à trois reprises, de 1906 à 1910. Il visite également les différentes capitales artistiques européennes, confirmant son attachement au vieux continent et à la francophilie.

Les influences artistiques et littéraires qu'il a subies sont multiples :

Il est sensible à REMBRANDT, VERMEER, VELASQUEZ, mais également à MANET, GOYA, DEGAS, et au vingtième siècle, à MAGRITTE, de CHIRICO, BALTHUS, MODIGLIANI et SOUTINE. Après avoir apprécié l'Impressionnisme, il découvre l'Expressionnisme allemand.

Il s'intéresse aux lettres et au monde de l'inconscient. Il lit avec intensité RIMBAUT, EMERSON, PROUST, mais également les pièces réalistes d'Henri IBSEN.

Les théories de FREUD et de JUNG stimulent son monde intérieur.

De retour aux Etats-Unis, il crée deux ateliers, l'un à Greenwich Village, en plein Manhatan, l'autre au Cap Cod, en Nouvelle Angleterre, face à l'ocean, orientant sa production vers les structures urbaines et vers la nature.

Il épouse Joséphine NIVISON en 1924, surnommée ''Jo'', une femme de caractère, peintre et dessinatrice qui sera son unique modèle.

La surdité, remarquée tôt par un jeune galériste, semble déterminante dans son isolement, le silence de ses personnages et peut-être sa mélancolie.

Quelques oeuvres vont marquer son évolution, son émergence, sa notoriété et sa consécration :

''The house by the railroad'' 1925

''Hôtel room'' 1931

''Nighthawks'' 1942

''People in the sun'' 1960

The house by the railroad

Il s'agit d'un manoir dépouillé de tout environnement, barré à sa base par un rail. Il est de 3/4, tel un visage. Un soleil, venant de la gauche, comme dans les tableaux de Vermeer, presque au zénith, sculpte les facettes orthogonales, accroit les ombres et les mystères. Des fenêtres bigéminées, structurées et symétriques, semblent tourner leur regard dans toutes les directions, vers un passé lumineux à gauche, un futur incertain à droite. Les différents styles qui le composent ajoutent une dimention temporelle : les doubles colonnes doriques et les différents arcs évoquent un temple grec, les fenêtres la Renaissance, les mansardes, Paris, le corps droit du batiment, un beffroy nordique. S'agit-il pour Hopper d'un patchwork européen de l'amérique ? L'absence de train sur des rails immobiles, le désert humain dans cet édifice sacralisé et mortifère pose question, angoisse et touche à l'innomable. De même qu'il projette sur cette maison son monde intérieur, chacun de nous peut y investir des visions personnelles. C'est ce qu'a fait HITCHCOCK dans son film ''Psychose''.

Hôtel Room

Dans une chambre d'hôtel au rideau blanc, une femme à demi vêtue, au bord du lit est plongée dans la lecture d'un livre. Ses bagages sont à ses pieds. L'iconographie nous informe que c'est l'attitude de Bethsabée, peinte par Rembrandt, Bethsabée convoitée par le Roi David qui a mené à la mort son mari. Le livre est en fait un annuaire . On pense alors à Odette, dans un ''Amour de Swann'', de Proust qui fantasmait sur le retour de l'homme qu'elle aimait. Le livre serait la condensation des préoccupations de Hopper pour la réflexion, l'imaginaire, le monde intérieur, la culture. Chez Rembrandt, la Vierge Marie lisait.

Nighthawks 

Le titrenous vient de Hawks, les faucons et en argot les tueurs. On pourrait donc traduire par les oiseaux de proie nocturnes. Ce tableau est inspiré d'une nouvelle d'HEMINGWAY, ''The killers''.

Quatre personnages dans un bar, éclairé au néon, séparé de la rue, sombre et inquiétante par une vitre arrondie, la nuit. Sous nos yeux un huis clos. Malgré la chaleur d'une femme rousse, les relations avec son compagon sont froides. Il n'y a pas de véritable communication. Un homme portant également un feutre nous tourne le dos. Il est inquiétant. Un serveur au bonnet de ''marine's'' s'active (la base de Pearl Harbourg vient d'être attaquée).

On imagine de nombreuses scènes possibles, des relations de couple, multiples, des histoires de gangster alimentées par des hommes au chapeau d'Al Capone.

On est loin du tableau de Rembrandt ''Ronde de nuit'', ''Night Watch'' qui peut par assonance évoquer le titre. Ce tableau mythique est à l'apogée d'un certain réalisme américain et a inspiré des polars.

People in the sun

Quatre hommes et femmes sur une chaise longue, côte à côte, face au soleil et à une chaine de montagnes, méditent, solitaires en jouissant de la vie.

Un cinquième lit tourné vers la culture, signifié par le livre.

Faut-il porter un jugement sur l'incommunicabilité des êtres ou sur le bonheur d'être là, solitaire, unique, mais heureux peut-être ?

En conclusion, Edward HOPPER est devenu le symbole du naturalisme américain après avoir synthétisé des influences européennes. Il a médité sur la nature humaine, observé et éclairé la société américaine moderne. Il a mis en cohérence des comportements humains multiples.

06/06/2012

LE TEMPS S'ARRETE

L'ARPAC de Montpellier présente sous ce thème le travail du peintre Michel POIRISSE.

L'ARPAC est l'Association Régionale Pour l'Art Contemporain (http://arpac.nomadi.fr/). Michel-Henri MORAT dirige bénévolement cette association depuis trente ans dans une maison de maître au milieu d'un parc arboré. Il a fait connaître et émerger des artistes de talent à la contemporanïté.

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Dans cette exposition, la Nature où l'Homme est intégré, est omniprésente, diverse, avec ses champsde blé, ses ronces, ses montagnes. Elle est débordante, sans limites, ''all over'' telle une oeuvre de POLLOCK. champ blé blog2.jpg

Les points de vue sont multiples, les visions sont cavalières, cadastrales. Des échelles différentes englobent des ensembles très vastes ou scrutent à la loupe le brin d'herbe, le macadam.

La force de cette nature c'est la répétition, mais aussi sa structure, imprévisible. Le Chaos est là,dans ses eaux ''vives'', ses ciels lourds, ses terres ''mosaïques''.

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Les aller-retour sont constants, du centre à la périphérie de la toile. A la plongée dans les détails de l'immanence,succède une vision au sommet des crêtes neigeuses, celle du ''Sujet transcendantal''.

Voici quelques toiles hyperréalistes où l'espace se dilate, la contemplation du monde envahit la psyché, en éveil, le temps s'arrête...

 

Les tableaux présentés sur cette note sont publiées avec l'accord de l'artiste et proviennent de son site : http://www.michelpoirisse.com/ sur lequel vous trouverez d'autres oeuvres.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires qui sont toujours les bienvenus...