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07/04/2015

Pierre LESC

Pierre LESC est un peintre de l'Ecole de Paris, élève de Jean BERTHOLLE, membre de l'Institut. Celui-ci a côtoyé BISSIERE, BAZAINE , LE MOAL.

Parallèlement, il fait ses études de Médecine à Paris, exerce aux Antilles, tout en continuant à peindre et à photographier.

Il participe à de nombreuses expositions personnelles et collectives dans des Salons, en France et à l'étranger. Il expose notamment à ''La Petite Galerie'', rue de Seine et à la Galerie Clusseaux, Rive Gauche.

Il vit et travaille à Sète actuellement.

J'ai eu l'agréable surprise de découvrir ses œuvres à Cournonsec, un bourg viticole de l'Hérault. Son Exposition, ''Les DEMOISELLES'' évoque l'influence des disciples de MANESSIER.

Pierre LESC explique le déroulement d'une de ses créations par des tâches qu'il jette sur la toile dans des gestes larges qu'il structure ensuite par des dessins au fusain, sa matière noire.Un médium particulier lui permet de travailler la transparence et d'harmoniser des transitions aux charmes inattendus.

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D'autres toiles mettent en branle dans un mouvement tourbillonnaire des éléments d'aspect cellulaire, des structures para-neuronales, des dégoulinures interstitielles.

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L'évocation des formes n'est limitée que par l'imaginaire de chacun, et l'on peut être surpris lorsqu'il explique que cette terre rouge-orange délimite un cimetière d'où se détachent des croix incertaines et des êtres éthérés.

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Quel donc ce visage qui veut sortir de sa lucarne pour découvrir le monde ?

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Mais qui sont ces personnages filiformes qui se déplacent à grandes enjambées, sur un fond joyeux, à la manière de GIACOMETTI ?

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La peinture de Pierre LESC tire ses influences de ses expériences multiples.

Elle évolue entre abstraction et figuration. Si les variations de ses couleurs traduisent les nuances de ses sentiments et de ses émotions, la gestuelle exprime l'énergie qui l'habite car une vie intense grouille dans cette psyché où tentent d'émerger des structures biomorphes complexes et des êtres cryptés qui aspirent à une nouvelle naissance.

 

27/01/2014

SERGE POLIAKOFF : Le Rêve des Formes

Une rétrospective de 150 œuvres remet à l'honneur Serge POLIAKOFF au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

Ce peintre majeur de l'abstraction, de l'Ecole de Paris, est consacré par les grands historiens de l'art.

Migrant russe, fuyant la Révolution d'Octobre, il arrive à Paris en 1918, débute sa vie artistique en tant que guitariste dans les cabarets russes, avant de se consacrer entièrement à la peinture et à l'approfondissement de l'abstraction. Il se lie d'amitié avec KANDINSKY , Sonia et Robert DELAUNAY, et le peintre sculpteur Otto FREUNDLICH.

En 1929 il s'inscrit à la Grande Chaumière.

En 1947, il côtoie à Gordes SCHNEIDER et VASARELY.

En 1962, il devient français. ; .il expose à la Biennale de Venise.

Il s'éteint à Paris en 1969.

Le parcours de l'exposition nous montre son évolution, ses tâtonnements, ses recherches, sur la ligne, la forme, le fond, la matière, la planéïté, la couleur, la lumière. Sa quête du Graal, dépasse la sensorialité pour aboutir à une véritable Spiritualité, celle insufflée par sa mère, méditant devant l'iconostase de Saint Basile à Moscou.

La Ligne, en 1949-50, est dissociée de la Forme

La Matière, dès 1949-50, s'affirme. Elle est faite de pigments purs, de couches superposées. On y perçoit l'influence égyptienne, celle des icônes russes, des primitifs italiens.

Des Formes, plus ou moins géométriques, s'autonomisent, s'interpénètrent ou s'éloignent les unes des autres.

La Construction, binaire tout d'abord, puis avec un noyau central, devient multiple, parfois rayonnante.

On détecte la présence de la Section d'Or (1950-52). La courbe de Fibonacci, qui est la courbe de Vie, est sous-jacente.

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© ADAGP, Paris 2013 

La Couleur, basée sur des tons purs, superposés en glacis, laisse deviner une vie sous-jacente, intérieure, lumineuse, évoquant des vitraux ou la transillumination de de La TOUR.

POLIAKOFF considère que la matière a au moins deux couleurs, l'une intérieure, l'autre extérieure.

Il introduit la ''Musicalité'' dans sa peinture, ainsi que KANDINSKY ou Paul KLEE. Il parle de ''Sonorité'' dans ses couleurs, de ''Rythmes'', (1953-56), de ''Variations'', et si on compare les tableaux d'une même salle, de ''Polyphonie''. Bien sûr, on pourrait parler aussi de correspondance entre les notes et les couleurs.

POLIAKOFF, en illustrant ''Le Parménide de PLATON'', (1964), explicite ses préoccupations picturales, reliant l'un au multiple, les formes sensibles et intelligibles, mobiles et immobiles,(1958-63), identiques et dissemblables, (.1954-55).

La Composition''All-over'', favorise la Contemplation (1958-63).

Les tableaux s'épurent encore, en 1964-67. Commencés dans le tumulte, ils peuvent atteindre leur équilibre dans le Silence et la Sérénité.

Pour POLIAKOFF, une œuvre doit s'écouter et non se voir...

La ''Simplification'' est là (1967-69). Une seule forme, binaire, presque unitaire, un fond lumineux, une pure présence, spirituelle,''iconique''. 

Poliakoff-2.jpg

 © ADAGP, Paris 2013 

POLIAKOFF a introduit des notions essentielles qui ont enrichi l'l'Art Abstrait :

Une conception phénoménologique de la perception chère à MERLEAU-PONTY,

Une vision cadastrale d'un paysage intérieur et extérieur,

Il a créé progressivement une simplification, une sobriété, une tension harmonieuse, une musicalité et une vie dans ses toiles.

Il semble avoir retrouvé sa vérité, celle de sa spiritualité qu'il n'a céssé de chercher toute sa vie.