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19/12/2014

Le Grand Marché de l'Art Contemporain

Comme chaque année, c'est à la Bastille que s'est tenu la 43e édition du GMAC.

Plus de 400 artistes, sculpteurs, photographes, ont pu exposer leur dernière création et dialoguer avec les amateurs d'art, les galeristes et les critiques.

Ils n'ont pas été avares d'informations sur leur technique et leur inspiration. 

Ce qui est passionnant c'est qu'on découvre un art émergeant où les processus de création sont à l'oeuvre. Nous avons retrouvé des peintres confirmés qui nous ont parlé de leur évolution. Signalons simplement quelques artistes et leurs compositions  : 

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Celles de Françoise SOIZEAU, mi abstraites, mi symboliques utilisent des plaques de zinc clouées sur un châssis, travaillées par le temps. Elles sont recouvertes partiellement de peintures sur toile, découpée et marouflée. La résine et les pigments utilisés évoquent des palimpsestes étranges et nostalgiques. C'est un travail de recherche à suivre.

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Christèle HENAFF, une artiste plasticienne d'origine ukrainienne, rapporte des objets insolites et remarquables de ses voyages qu'elle incorpore dans des compositions étincelantes aux couleurs primaires laquées et lumineuses. Des encadrements intériorisés, géométrisants, font ressortir la spiritualité des cultures rencontrées, contrastant avec le clinquant fascinant de la modernité.

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Marie Ange DAUDE expose des portraits. Ils sont étranges. De loin ce sont des photos en noir gris et blanc. Mais de près, chaque marque correspond à une agrafe métallique piquée dans la toile. La signature est un ''M'', M comme mystère que le sourire de l'artiste laisse entrevoir.

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Brigitte du MERAC donne à voir des paysages lointains, des foules bigarrées, joyeuses et riches en couleur. J'ai été particulièrement sensible à des panneaux évoquant des paysages japonisants où des feuilles d'érable et des geishas resplendissantes se détachent sur fond or.

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Le GMAC est une foire d'Art Contemporain qui nous invite à la découverte d'oeuvres, certes, mais aussi de créateurs.

 

20/03/2014

Bill VIOLA au Grand Palais : une Immersion dans l'Art

Le Grand Palais nous offre une immersion dans l'oeuvre impressionnante du grand vidéaste américain, Bill VIOLA. Il nous fait découvrir le fruit de 40 ans de recherches en une vingtaine de tableaux en mouvements et d'installations monumentales.

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Cette quête spirituelle, dans le clair obscur de son cheminement existentiel, aborde les thèmes métaphysiques de la vie et de la mort, ainsi que la transmutation de l'être aux confins du Réel.

Biographie

Né à New York en 1951, il poursuit des études d'arts plastiques à l'université de Syracuse de N.Y., auprès de Jack NELSON. Il est fasciné par la technique de la Video naissante et intéressé par la musique électronique qui ont en commun le signal vidéo et leur instantanéité. Il est séduit par le médium de projection pouvant correspondre à un écran, un voile, des plasmas liquides, du granit noir...

Il côtoie Nam June PACK et d'autres artistes influencés par le ''Performance Art''.

Il entame une véritable quête spirituelle qui va le mener en Orient et, en 1980, au Japon où il va rencontrer un maître Zen, Daien TANAKA.

Si, au début, la technologie domine son art, il exprime progressivement l'humain dans ses œuvres, son parcours émotionnel et spirituel.

En 1995, il représente les Etats Unis à la Biennale de Venise

En 2000 il expose à l'église de Saint Eustache à Paris.

En 2004 La National Gallery lui consacre une exposition personnelle.

En 2014, c'est la grande rétrospective actuelle, au Grand Palais.

Deux grands thèmes émergent de son œuvre, La Vie et la Mort, l'Espace et le Temps. Ils s'entre-mêlent dans une quête inconsciente d'absolu.

La Vie et la Mort

A l'age de 6 ans, Bill Viola a failli se noyer dans une piscine. Dans une interview il confie <J'avais découvert sous l'eau le monde le plus beau que j'ai jamais pu contempler, une lumière incroyable et une absence de gravité qui nous fait flotter>. Ainsi après cette expérience proche d'une mort imminente, Bill VIOLA développe le thème de l'immersion dans l'eau. Il réalise notamment :

''The Reflecting Pool'',Le Bassin Miroir, 1977-79.

''Tristan's Ascension'',2005,. Le corps de tristan monte à la surface puis s'élève. On évoque alors le tableau du GRECO, ''L'enterrement du Comte d'ORGAZ''.

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''The Dreamers'', 1913,Les rêveurs, où 7 personnages immergés, en apesanteur, semblent rêver.

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''The Passing'' est une réflexion sur des évènements simultanés comme la mort de sa mère dont il a filmé l'agonie et la naissance de son deuxième fils.

''Man Searching for Immortality'', 2013, ainsi que ''Woman searching for Eternity'' montrent un homme et une femme à la découverte de leur corps avant le passage dans l'au-delà.

''Going Forth By Day'' est l'installation monumentale qui clôt l'exposition Elle évoque le livre des anciens égyptiens contenant les prescriptions pour favoriser le passage dans le royaume des morts. L'entrée dans la salle se fait par un brasier.

''Le Déluge'', au fond, une catastrophe se déclenche. Un ange gardien, au sommet de l'édifice, Bill VIOLA, veille avec compassion.

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La Plongée dans les Eléments, le feu, le désert, les bois, l'environnement, fait suite à cette expérience fondatrice de Bill VIOLA, enfant, dans l'eau.

Le Feu :

''Fire Woman'' : Une femme, ombre chinoise devant un mur de flammes avance, rencontre une nappe d'eau insoupçonnée et plonge.

''Sleep of Reason'':Une femme dort sur l'écran d'une télévision . Des flammes dévorent par moment les murs de la pièce dans un vacarme assourdissant, tel un cauchemar. Apparaissent des chouettes, des visions aquatiques. On pense à GOYA'' le sommeil de la raison enfante des monstres''.

Le Désert :

''Chott el Djérid'', 1980. Dans le sud tunisien, un lac desséché, la chaleur manipule les images lointaines, tremblantes et incertaines, aux limites du réel, des mirages.

''Walking the Edge'', 2012. Marche à la frontière : A l'extrémité de l'écran, dans la chaleur du désert californien, un père et un fils convergent lentement, se rejoignent puis se séparent.

''Présence'' : Entre deux étages du Grand Palais une immersion dans un monde sonore, des voix, des chuchotements, des palpitations, des respirations. 

L'Espace et le Temps

Ils peuvent difficilement se détacher du thème précédent car l'immersion de Bill VIOLA s'y poursuit.

La Sculpture du Temps

C'est la grande trouvaille de l'artiste.Le temps est distordu, ralenti, suspendu, déplié, décomposé, en boucle, superposé.Il peut même être arrêté. C'est un point de convergence de la vidéo et de la méditation.

Bill VIOLA nous libère du temps qu'il symbolise dans la marche des hommes et des femmes dans le désert, il nous le montre dans les trois générations de femmes,''Three Women'', il le télescope entre la naissance de son fils et la mort de sa mère, il le suspend chez les rêveurs, il nous fait franchir le mur du temps dans le livre des morts égyptiens.

L'Espace est occupé par ce temps : c'est l'espace du désert parcouru , celui de l'homme immobilisé au-dessus de sa piscine, des dormeurs figés dans le liquide amniotique. L'espace s'exprime en cascade dans le ''Déluge''.

A la fin de l'exposition, le spectateur a évolué : loin de la vie trépidante, son imaginaire s'est redéployé en pénétrant dans le monde de Bill VIOLA, ses rêves et ses fantasmes.

Il a fait sien le ''Grand Récit'' de Michel SERRE, le métissage des cultures, la symbiose de la Technologie et de l'Art. Il a découvert les dualités de la ''Déconstruction'' de DERRIDA. et ses couples dynamiques, la Vie/ la Mort, le Rêve / la Réalité, l'Instant / l'Eternité, la Technique et la Spiritualité, l'Eau et le Feu, l'Espace et le Temps.

Il a réalisé que Bill VIOLA nous a parlé de Sa Vie, mais également de La Nôtre.

21/11/2012

LE GRAND MARCHE DE L'ART CONTEMPORAIN Automne 2012

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La 39è édition du GMAC de la Bastille vient de se dérouler sous les chapiteaux et le long de l'Arsenal. 480 artistes français et étrangers ont exposé le fruit de leur créativité.

Joël GARCIA a réaffirmé ses objectifs : mettre l'art à la portée de tous.

On retrouve avec plaisir des artistes ayant participé aux manifestations précédentes comme BOUN, Marie HERMANCE, MILA, Patrick PIERART …

Cette année Anne BOILE, Cyril DEGUERRE , CHAMPIN, Daniel CASTAN, ont retenu l'attention.

Anne BOILLE

est diplomée de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers. DSCN9664.JPGElle adopte la technique retrouvée de la Renaissance vénitienne du ''fixé sous verre'' qui consiste à peindre à l'envers, au dos du verre. Des jeux de miroir et de transparence enrichissent la représentation d'une doublure virtuelle et onirique. Ces ''trompe-l'oeil'' confortent à la fois la réalité tremblée du monde extérieur, et les fantasmes objectivés de la créatrice. Voici une oeuvre qui illustre le thème du GMAC ''Le mouvement''.

Cyril DEGUERRE

DSCN9718.JPGSorti de l'Ecole Boulle et de l'Ecole de Camondo, il s'intéresse à l'élégance des chevaux, la beauté des corps. Il magnifie dans ses peintures et ses encres de chine, la beauté féminine. Ses désirs de sublimation méritent un encouragement.




Christian CHAMPIN

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Il affirme fièrement être un ''Métalo-déchéticien''. Ce jeune sculpteur recycle en effet, dans son atelier de Paimpol des déchets à des fins esthétiques, confortant ainsi des convictions écologiques. Certes il n'est pas le seul à pratiquer cette démarche : CESAR à ses débuts, DI ROSA plus récemment se sont essayés à ce ''détournement'' faisant d'eux des ARCHIMBOLDO modernes. Cependant, la vivacité et l'inventivité de son imaginaire méritent d'être soulignées. Son Rhinocéros est un modèle du genre.

Daniel CASTAN

Ce graphiste professionnel d'origine est devenu amoureux des grandes villes du monde qu'il a visitées. Il a développé des représentations lumineuses et toniques de New York vibrant sous le couteau de sa peinture acrylique enrichie de résine. Voici sa vision de ''Time Square''.

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