Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

28/11/2014

Sonia DELAUNAY Les couleurs de l'Abstraction

Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris nous propose une grande rétrospective de Sonia DELAUNAY. Il met en lumière la diversité de son œuvre, fait de peintures, gouaches, objets de mode, tentures, mosaïques , et l'unité progressive de sa vision colorée, orphique, aux contrastes simultanés, qui la placent dans les avant-gardes et la diffusion de l'abstraction européenne.

Son Parcours

En 1885 elle nait à Odessa, en Ukraine. 

Elle est élevée bourgeoisement par son oncle maternel à St Petersbourg.

Elle étudie à l'Académie des Beaux Arts de Karlsruhe, en Allemagne.

En 1907 elle expose à Paris, Galerie Notre Dame des Champs aux côtés de DERAIN , BRAQUE, PICASSO...

Après un mariage blanc avec Wilhem UHDE, un galleriste, en 1910, elle épouse Robert DELAUNAY.

En 1914-1918, ils choisissent de rester en Espagne pendant la guerre. En 1918, elle ouvre la ''Casa Sonia'' à Madrid.

En 1921, le couple DELAUNAY revient en France. Sonia installe dans son appartement, rue Malesherbes, un atelier, puis une boutique ''simultanée''.

En 1937, elle participe avec Robert à l'Exposition Internationale des Arts et Techniques.

En 1940, elle se rend à Chatel-Guyon puis à Mougins.

Son mari décède en 1941 à Montpellier.

En 1946 elle organise une première rétrospective de Robert DELAUNAY à la galerie Louis CARRE. En 1949, la galerie MAEGHT présente les DELAUNAY parmi les fondateurs de l'abstraction.

En 1964 , elle fait une donation avec son fils au MAMVP de cent quatorze œuvres des DELAUNAY. En 1965, elle fait de même, avec des vêtements et des tissus aux Arts Décoratifs.

En 1973, elle reçoit Le Grand Prix des Arts de la Ville de Paris.

Elle décède à Paris en 1979. 

4 DELAUNAY.jpg 

L'exposition permet de retracer sa vie son oeuvre

La couleur

Dès 1906, Sonia, déjà marquée par la couleur, découvre à Paris les Fauves et Gauguin. Elle peint des portraits, fortement colorés, contrastés.

Le simultanisme

Sonia et Robert DELAUNAY créent un nouveau concept opératoire associant, d'une manière dynamique et contrastée, les couleurs.

APOLLINAIRE baptise ce courant de « peinture orphique », post-cubique, fait de courbes et de cercles.

Les DELAUNAY l'expérimente en regardant, pendant quelques instants, la lune et le soleil en face.

Parallèlement, le couple russe, ami, Michel LARIONOFF et Natacha GONTCHAROVA, crée le « rayonnisme » en dissolvant la figuration pendant que les futuristes italiens expriment le mouvement et la couleur.

Sonia DELAUNAY explore divers supports, dont les tissus, étendant la peinture à la mode, la poésie, la publicité, la danse et le cinéma.

Les DELAUNAY sont fascinés par la vie moderne, sa lumière, sa complexité, son dynamisme et son bouillonnement.

La danse

Pendant son séjour ibérique, Sonia magnifie les « chanteurs flamencos » et les « danseuses » en une multitude de cercles concentriques et stylisés, pris dans un tourbillon giratoire.

La fabrique

Sonia crée chez elle au 19 boulevard Malesherbes un « atelier simultané ». Des ouvrières russes confectionnent des modèles et des articles divers sous sa directive. 

IMG_0651.jpg 

Le théâtre

Les DELAUNAY sont au cœur du mouvement DADA et fabriquent des costumes pour des ballets, des pièces de théâtre ou du cinéma.

Le Palais de l'Air

Ils travaillent également pour le Palais de l'Air où deux avions sont suspendus.

Sonia peint de grands panneaux figurant des éléments mécaniques : une grande ''Hélice'', un''Moteur d' avion'', un ''Tableau de bord''.

En 1946, Sonia DELAUNAY organise une rétrospective à la Galerie Louis CARRE pour honorer la mémoire de Robert DELAUNAY. En 1958, elle réalise une exposition personnelle au Städtisches Kunsthaus de Bielefeld.

Les Gouaches lui permettent de faire des expérimentations.

Les œuvres tardives de Sonia s'enracinent dans les débuts de l'abstraction et traduisent l'originalité et la liberté d'une plus grande pureté.

La consécration arrive en 1967 lors d'une grande rétrospective au Musée National d'Art Moderne de Paris.

A quatre vingt douze ans, elle collabore avec l'Arcurial afin d'intégrer ses rêves orphiques dans la vie du quotidien.

9 DELAUNAY.jpg

 

22/03/2013

Marie LAURENCIN au Musée MARMOTTAN MONET

C'est un bel hommage qui est rendu par le Musée MARMOTTAN MONET à Marie LAURENCIN, une Femme Artiste, Libre, de la ''Belle Epoque'', témoin de la sensibilité française et des avant-gardes dont elle est issue.

M_LAURENCIN_AFFICHE.jpg

D'origine modeste, fille d'une mère célibataire qui vit dans le quartier de Montmartre, elle fréquente brièvement l'Académie HUMBERT où Georges BRAQUE est son condisciple, et où, Henri-Pierre ROCHÉ la soutient. Elle fréquente la pépinière artistique du Bateau-Lavoir où vit et travaille PICASSO qui la présente à Guillaume APOLLINAIRE dont elle devient la ''Muse''. Elle cotoie Max JACOB, Gertrude STEIN, Le Douannier ROUSSEAU, André SALMON.

Elle expose au ''Salon'', dans ''la Maison Cubiste'' puis à l'Armory Show de New York.

On apprécie la délicatesse de ses femmes, couleur pastel, séductrices et réservées, stylisées, au regard noir et bridé qui symbolisent l'éternel féminin et semblent être autant d'autoportraits. Telles un bouquet, ses Rondes de Ballerines diffusent un parfum poétique. MATISSE, DERAIN, PICASSO, la reconnaissent.

Marie Laurencin, Danseuses, vers 1939©Adagp, Paris 2012.jpg

Les marchands,Clovis SAGOT, puis Paul ROSENBERG, les commanditaires l'entourent. Les femmes de notables, comme Lady CUNARD, sollicitent leur portrait ainsi que Coco CHANEL.

Epouse de Otto Van WATJEN elle le suit en Espagne durand la première guerre mondiale.

Au retour de leur exil, elle divorce et plonge dans la vie des ''Années Folles''. Elle s'intéresse alors davantage au monde des lettres. Elle recherche l'amitié de COCTEAU, Paul VALERY, André GIDE, John PERS, notamment. Elle poursuit la rédaction de ses ''Carnets de Nuit'', où sa prose se fait introspective, atemporelle, et révèle des poèmes dont l'imaginaire, peuplé de paysages, d'un bestiaire symbolique, évoquant des contes et des fables.

Sa recherche d'identité dont on suit l'évolution dans ses Carnets, se poursuit. Après un repliement narcissique, elle se redéploie progressivement dans une ouverture plus grande aux autres, une liberté de mœurs où le saphisme n'est pas exclu.

L'expression multiple de son art, par la peinture et l'écriture, caractérise le pluristylisme et le plurilinguisme des avant-gardes dont elle fait partie.

Les ''ambiguités de Marie Laurencin, le dualisme qu'elle manifeste, vont de pair avec la construction de son être à travers la peinture qui la libère, la signifie et l'idéalise, mais aussi avec sa prose qui l'intériorise et la poésie qui ouvre son imaginaire.

Sa quête personnelle, dont le père semble absent lui permet de se rapprocher progressivement de sa mère.

Cette retrospective qui permet de la révéler au grand public,a pu avoir lieu grâce, en partie, au musée japonais fondé en 1985 par M.TAKANO qui appréciait, la sensibilité toute française, l'essence féminine, les aspirations japonisantes, la symbolique forte du ''Inn'', consubstantiel du ''Tao'' de cette personnalité.

Ce que les amateurs d'art retiendront, chez Marie LAURENCIN,

- c'est la beauté des femmes, séductrices et mystérieuses, qu'elle a peintes toute sa vie,

- c'est le symbole de Liberté d'une Artiste, complexe dans sa modernité créatrice,

- c'est la ''Muse'' ayant inspiré des générations de poètes et de chanteurs

qui méritait bien, enfin, cet hommage.

Marie Laurencin, Le baiser, vers 1927©Adagp, Paris 2012.jpg

 Pour en savoir plus sur cette exposition, suivez le lien : www.marmottan.fr