Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

22/03/2013

Marie LAURENCIN au Musée MARMOTTAN MONET

C'est un bel hommage qui est rendu par le Musée MARMOTTAN MONET à Marie LAURENCIN, une Femme Artiste, Libre, de la ''Belle Epoque'', témoin de la sensibilité française et des avant-gardes dont elle est issue.

M_LAURENCIN_AFFICHE.jpg

D'origine modeste, fille d'une mère célibataire qui vit dans le quartier de Montmartre, elle fréquente brièvement l'Académie HUMBERT où Georges BRAQUE est son condisciple, et où, Henri-Pierre ROCHÉ la soutient. Elle fréquente la pépinière artistique du Bateau-Lavoir où vit et travaille PICASSO qui la présente à Guillaume APOLLINAIRE dont elle devient la ''Muse''. Elle cotoie Max JACOB, Gertrude STEIN, Le Douannier ROUSSEAU, André SALMON.

Elle expose au ''Salon'', dans ''la Maison Cubiste'' puis à l'Armory Show de New York.

On apprécie la délicatesse de ses femmes, couleur pastel, séductrices et réservées, stylisées, au regard noir et bridé qui symbolisent l'éternel féminin et semblent être autant d'autoportraits. Telles un bouquet, ses Rondes de Ballerines diffusent un parfum poétique. MATISSE, DERAIN, PICASSO, la reconnaissent.

Marie Laurencin, Danseuses, vers 1939©Adagp, Paris 2012.jpg

Les marchands,Clovis SAGOT, puis Paul ROSENBERG, les commanditaires l'entourent. Les femmes de notables, comme Lady CUNARD, sollicitent leur portrait ainsi que Coco CHANEL.

Epouse de Otto Van WATJEN elle le suit en Espagne durand la première guerre mondiale.

Au retour de leur exil, elle divorce et plonge dans la vie des ''Années Folles''. Elle s'intéresse alors davantage au monde des lettres. Elle recherche l'amitié de COCTEAU, Paul VALERY, André GIDE, John PERS, notamment. Elle poursuit la rédaction de ses ''Carnets de Nuit'', où sa prose se fait introspective, atemporelle, et révèle des poèmes dont l'imaginaire, peuplé de paysages, d'un bestiaire symbolique, évoquant des contes et des fables.

Sa recherche d'identité dont on suit l'évolution dans ses Carnets, se poursuit. Après un repliement narcissique, elle se redéploie progressivement dans une ouverture plus grande aux autres, une liberté de mœurs où le saphisme n'est pas exclu.

L'expression multiple de son art, par la peinture et l'écriture, caractérise le pluristylisme et le plurilinguisme des avant-gardes dont elle fait partie.

Les ''ambiguités de Marie Laurencin, le dualisme qu'elle manifeste, vont de pair avec la construction de son être à travers la peinture qui la libère, la signifie et l'idéalise, mais aussi avec sa prose qui l'intériorise et la poésie qui ouvre son imaginaire.

Sa quête personnelle, dont le père semble absent lui permet de se rapprocher progressivement de sa mère.

Cette retrospective qui permet de la révéler au grand public,a pu avoir lieu grâce, en partie, au musée japonais fondé en 1985 par M.TAKANO qui appréciait, la sensibilité toute française, l'essence féminine, les aspirations japonisantes, la symbolique forte du ''Inn'', consubstantiel du ''Tao'' de cette personnalité.

Ce que les amateurs d'art retiendront, chez Marie LAURENCIN,

- c'est la beauté des femmes, séductrices et mystérieuses, qu'elle a peintes toute sa vie,

- c'est le symbole de Liberté d'une Artiste, complexe dans sa modernité créatrice,

- c'est la ''Muse'' ayant inspiré des générations de poètes et de chanteurs

qui méritait bien, enfin, cet hommage.

Marie Laurencin, Le baiser, vers 1927©Adagp, Paris 2012.jpg

 Pour en savoir plus sur cette exposition, suivez le lien : www.marmottan.fr